Annoncé pour le premier semestre 2017, le démarrage d'Orange Bank aura finalement lieu le 6 juillet. L'annonce a été faite jeudi par le patron de l'opérateur Stéphane Richard. Ce dernier a pris des accents de Xavier Niel, son rival dans les télécom, en promettant une "nouvelle ère" de la banque et des services financiers "entièrement gratuits". "Nous ne faisons pas payer la carte bancaire ni la première année, ni les suivantes. Nous ne faisons pas payer de frais de tenue de compte", a-t-il détaillé. En réalité, pour bénéficier de cette gratuité, les clients devront effectuer au moins trois retraits ou paiements par carte par mois, d'après un communiqué du groupe. 

Outre cette promesse de quasi gratuité, Orange Bank se veut une banque innovante avec des services inédits comme les virements par SMS ou la possibilité de bloquer soi-même sa carte bancaire depuis son mobile, en cas de problème. "Orange Bank n’a pas simplement transféré en ligne des usages bancaires traditionnels, ceux-ci ont été conçus dès le départ pour le mobile" explique l'opérateur. 

L'offre se concentrera dans un premier temps sur les services essentiels : un compte, une carte, un découvert autorisé et un livret d’épargne rémunéré. Elle s'enrichira "progressivement" de services additionnels comme le crédit et l’assurance. L'ouverture de compte pourra se faire directement depuis l’application mobile, en ligne ou dans l’une des 140 boutiques agréées du réseau de distribution Orange. L'objectif du groupe est de séduire 100 000 clients en un mois, 400 000 sur l’année 2017 et 2 millions à l’horizon 2024. « On va être un peu le Free de la banque », avait osé Stéphane Richard il y a quelques mois.

Reste que cette offre arrive sur un marché déjà saturé avec une forte pression concurrentielle. Comme le souligne Le Monde, quasiment aucune banque en ligne n’est à ce jour rentable en France. Stéphane Richard a lui-même reconnu qu'Orange Bank n'atteindrait pas le point mort avant quatre ou cinq ans. L'entreprise deviendra rentable grâce « au crédit et au travail de l’encours, exactement comme les autres banques, sans les frais de service », a-t-il précisé. Avec un objectif de 400 millions d'euros chiffre d'affaires en 2018, les services financiers resteront par ailleurs une activité marginale au sein du groupe dont les revenus ont atteint 19 milliards d'euros en 2016. Cependant, si le succès est au rendez-vous, Orange Bank pourrait être facilement reproduite dans d'autres pays européens.