Fin de promenade pour SFR. La holding Altice, propriété de l'homme d'affaires Patrick Drahi, a annoncé jeudi avoir franchi à la hausse le seuil de 95% du capital de sa filiale ce qui lui permet de la retirer de la cote. Une offre publique de retrait (OPR) suivie d'un retrait obligatoire au prix de 34,5 euros par action sera lancée au mois de septembre, précise le groupe dans un communiqué. Ce prix représente une prime d'environ 10% sur le dernier cours du titre SFR, qui se hisse jeudi pratiquement au niveau de l'offre.

Altice avait déjà tenté il y a un an de racheter les minoritaires de SFR en vue d'un retrait mais son offre publique d'échange (OPE) avait été retoquée par l'AMF. Le gendarme des marchés estimait que les parités fixées pour cet échange étaient trop floues et potentiellement négatives pour les actionnaires de SFR. Altice a cependant réussi à contourner l'obstacle en concluant "plusieurs accords d'acquisition de titres par voie d'échange contre des actions de type A d'Altice", selon son communiqué. Rien ne s'oppose désormais au rachat des derniers titres en circulation, ce qui permettra à Altice de faire remonter une partie de la trésorerie de SFR vers la maison-mère et de ne plus verser de dividendes aux actionnaires minoritaires.

SFR avait été racheté en 2014 par Numericable, entré en bourse un an plus tôt et qui a par la suite repris le nom de l'ex filiale de Vivendi. L'annonce de son retrait de la cote intervient quelques semaines après l'introduction en bourse d'Altice USA, la filiale américaine du groupe de Patrick Drahi rassemblant les câblo-opérateurs Suddenlink et Cablevision, rachetés pour près de 27 milliards de dollars en 2015. Altice USA est aujourd'hui valorisée à 24 milliards de dollars, presque autant que sa maison-mère Altice NV (26 milliards), contre 15 milliards pour SFR.

Mais Patrick Drahi ne compte pas s'arrêter là. D'après la chaîne CNBC, le tycoon franco-israélien envisagerait une offre sur Charter Communications, le numéro deux du câble aux Etats-Unis. Un rachat qui se heurte cependant à un problème de taille : d'après les analystes Charter vaudrait 180 milliards de dollars, dix dois plus que Cablevision. Difficile d'imaginer que le groupe puisse reproduire le même schéma qu'avec Numericable-SFR du petit mangeant le gros.