Après s'être assuré les cash flows de SFR, dont il a racheté les minoritaires, Altice soigne ses actionnaires. Le groupe qui détient notamment les opérateurs SFR, Portugal Telecom, Cablevision, ainsi que plusieurs médias (BFM, Libération, iNews24) a lancé lundi un programme de rachat d'actions d'un montant maximal d'un milliard d'euros étalé sur douze mois.

"Ce programme de rachat d'actions s'intègre dans la stratégie d'Altice de création de valeur supérieure et de long terme pour l'ensemble de ses actionnaires", souligne le groupe dans un communiqué. Il reflète la "confiance" du groupe dans "l'accomplissement de ses objectifs financiers et opérationnels à court et moyen terme", et sa volonté d'optimiser le coût du capital, a-t-il ajouté.

Concrètement, Altice va racheter des actions ordinaires de classe A et B à la Bourse d'Amsterdam, à un prix pouvant aller jusqu'à 110% du cours d'ouverture. Ces titres seront ensuite annulés ou conservés en trésorerie, a détaillé le groupe. Par ailleurs Altice n'exclut pas d'utiliser sa trésorerie pour d'autres opérations de redistribution aux détenteurs d'actions ou pour des opérations de fusion-acquisition "significativement relutives".

Patrick Drahi tenterait-il d'apaiser les relations avec ses actionnaires minoritaires ? Au premier trimestre ces derniers s'étaient opposés au plan de royalties qui prévoyait le versement de plusieurs dizaines de millions d'euros par an au président pour l'utilisation de la marque Altice (celle-ci ayant récemment remplacé l'ensemble des marques-opérateurs du groupe). Sous leur pression les royalties ont été changées en stock-options. M. Drahi a ainsi tout intérêt à faire monter le cours de son titre qui a souffert ces derniers mois (-17% depuis fin mai). Les rachats d'actions sont un bon moyen pour cela.