Altice n'entend pas lever le pied sur les investissements. Alors que ses résultats trimestriels ont été lourdement sanctionnés vendredi à la bourse de Paris (-22%), le groupe de Patrick Drahi a annoncé dimanche un partenariat avec le numéro trois américain de la téléphonie mobile afin d'entrer sur ce nouveau marché.

Vers 16h50 lundi, le titre lâchait encore 4% sur un marché en baisse de 0,2%.

Selon les termes de l'accord, Altice USA, quatrième câblo-opérateur américain, utilisera le réseau de Sprint pour lancer ses propres offres de téléphonie mobile. De son côté, Sprint pourra utiliser les infrastructures d'Altice pour transmettre des données mobiles et développer un réseau de nouvelle génération à la norme 5G.

Les deux opérateurs espèrent ainsi venir chatouiller les leaders du secteur, Comcast, Verizon et Charter, même s'il s'agit pour Sprint d'une solution de repli après l'échec de sa fusion avec T-Mobile. Pour Altice, qui ne cache pas sa volonté de faire des Etats-Unis son premier marché, c'est une étape de plus de franchie après le lancement ce lundi à New York de la toute première box internet/téléphonie/télévision sur le marché américain.

Cependant ces annonces ne semblent pas convaincre les investisseurs. Ces derniers s'inquiètent de la dégradation de la rentabilité du groupe en France sur fond de baisse des abonnés dans le fixe (-75 000 au dernier trimestre). Altice a d'ailleurs revu à la baisse ses objectifs, tablant désormais sur un Ebitda annuel "dans le bas de la fourchette de la prévision d'une progression élevée à un chiffre" communiquée précédemment.

Le marché a dans un premier temps salué les économies opérées par Patrick Drahi chez SFR, où un plan de départs visant à réduire d'un tiers les effectifs a été engagé. Mais au-delà des réductions de coûts, les investisseurs s'interrogent désormais sur la capacité de l'entrepreneur à reconquérir les abonnés et à faire repartir les ventes.
Par ailleurs la dette du groupe a atteint 49,557 milliards d'euros à la fin du troisième trimestre, en augmentation de 361 millions par rapport aux trois mois précédents, ce qui constitue une autre source d'inquiétude pour le marché.