Après un semblant d'accalmie hier (-0,5% à la clôture), le titre Altice a repris sa dégringolade ce mardi sur un marché parisien qui n'a toujours pas digéré l'avertissement sur bénéfices publié par le groupe au début du mois de novembre.

Vers 16h30 l'action de l'opérateur télécom abandonne 15,6%, à 8,64 euros, au plus bas depuis l'introduction en bourse du groupe de Patrick Drahi. Le titre a en effet largement enfoncé le seuil de 10,5 euros atteint fin 2015 et accuse une baisse de près de 50% en douze jours.

Même si la correction peut paraître exagée au vu des résultats trimestriels, "le plongeon de l'action n'offre pas d'opportunité claire d'achat, de notre point de vue", écrivent les analystes de Kepler Cheuvreux, qui ont abaissé leur objectif de cours de 18 à 11 euros. "Nous voyons les tendances d'exploitation évoluer bien plus négativement que ne le suggère un consensus très optimiste, notamment aux Etats-Unis, où la compétition se renforce et où les coûts des contenus grimpent", ajoutent-ils.

Même son de cloche chez Morgan Stanley qui a abaissé son objectif de cours sur Altice USA, la filiale américaine cotée au Nasdaq, de 32 à 25 dollars par titre. Par ailleurs le bureau d'études s'inquiète de l'évolution de la dette du groupe, à près de 50 milliards d'euros. Même si Altice est parvenu à en refinancer une bonne partie en 2016 et se targue de n'avoir aucun remboursement avant 2022, le marché s'attendait à un début de désendettement au 3e trimestre, or c'est l'inverse qui s'est produit, faute de cash flows suffisants. Le groupe risque dorénavant d'être confronté à la remontée des taux d'intérêt et donc à des conditions d'emprunt beaucoup plus difficiles pour ses investissements, souligne Morgan Stanley.

Comme Kepler, le courtier a sabré son objectif de cours à 11 euros, contre 20,5 précédemment, s'agissant du titre coté à Amsterdam. Des ventes à découvert peuvent également expliquer la correction enregistrée ce mardi, plusieurs fonds spéculatifs s'étant positionnés sur le titre.