Patrick Drahi a entendu l'avertissement des marchés. Et quel avertissement : -40% de valorisation boursière en douze jours ! Ce mercredi, le patron d'Altice et de SFR Group a tenté de rassurer les investisseurs lors d'une conférence sectorielle organisée par Morgan Stanley à Barcelone.

Le magnat s'est notamment penché sur le cas de SFR, dont il vient de reprendre les rênes après le limogeage de Michel Combes. "Nous avons mal géré la vente de contenus. La priorité est désormais de se concentrer sur la satisfaction des clients", a-t-il affirmé, alors que l'opérateur a perdu 75 000 abonnés dans le fixe au 3e trimestre. «Si nous perdons des clients aujourd'hui, ce n'est pas parce que le réseau n'est pas bon, c'est parce que nous ne savons pas répondre à leurs petits problèmes», a ajouté M. Drahi, promettant une amélioration des principaux indicateurs de performance "dans les prochaines semaines".

Sur le plan financier, le patron a annoncé le report du changement de marque de SFR en Altice, initialement prévu au premier semestre 2018. "Cela aura un effet immédiat sur le free cash flow", a-t-il indiqué dans des propos rapportés par Les Echos.

En réponse aux inquiétudes sur l'endettement de son groupe - près de 50 milliards d'euros- Dennis Okhuljsen, patron Europe d'Altice, s'est également voulu rassurant. « Nous allons rapidement faire baisser la dette en Europe, c'est la priorité. Il n'y aura pas d'opération de fusion ou d'acquisition à court terme », a-t-il assuré.

Le titre tente un rebond

Le titre Altice a accentué son rebond après ces propos. Vers 17h15, il prenait 7,6% sur un marché parisien en baisse de 0,1%, après avoir dévissé de plus de 40% en douze jours.

Ce matin, le courtier Bryan Garnier est repassé à l'achat sur le groupe de télécom et de média, jugeant la correction exagérée. "Selon nous, la baisse récente de l'action est principalement due à une perte de confiance dans la capacité d'Altice à se redresser en France, où la question ne porte pas tant sur la stratégie que sur son exécution, ce qui a ajouté à la pression sur la structure du capital", écrit le courtier. Mais il reste convaincu "que la reprise de l'activité de ligne fixe d'Altice en France finira par se concrétiser, même si son 'timing' demeure incertain étant donné les récents mouvements de la haute direction".

De son côté, Kepler a divisé par deux son objectif de cours avec une recommandation "Conserver". "Nous voyons les tendances d'exploitation évoluer bien plus négativement que ne le suggère un consensus très optimiste, notamment aux Etats-Unis, où la compétition se renforce et où les coûts des contenus grimpent", selon le courtier qui s'inquiète également des difficultés du groupe à se désendetter.