Espace Communication - News, articles, interviews et dossiers

Lagardère s'apprête à lâcher ses magazines étrangers

Lagardère s'apprête à lâcher ses magazines étrangers

(Easybourse.com) Lagardère se prépare à s'alléger du poids de sa branche magazine internationale qui n'a pas la taille critique. La question du prix et du contrôle de la ligne éditoriale du magazine Elle reste la grande inconnue de cette équation.

À lire dans ce dossier.

Il faut bien le reconnaître, la presse papier a bel et bien atteint sa maturité, et n’est a priori pas appelée à offrir de bonnes marges à l’avenir. Or, le groupe de médias français Lagardère estime ne pas disposer d’une taille critique suffisante dans sa branche magazine à l’international. En 2009, 54% du chiffre d’affaires de Lagardère Active (pôle presse) a été réalisé en France. C’est la raison pour laquelle le groupe envisage de se séparer de sa branche magazine internationale. En 2009, cette activité a dégagé un chiffre d’affaires de 710 millions d’euros, sur un chiffre d’affaires global de Lagardère Active de 1,7 milliard. Au total, ce sont 212 titres répartis dans 45 pays qui sont édités, dont les 42 éditions internationales du magazine Elle.

Hearst et Bauer seraient sur les rangs

Lagardère souhaiterait céder sa branche magazine internationale pour 500 millions d’euros, mais les estimations varient selon les analystes. D’après un analyste spécialisé dans le secteur et interrogé par Easybourse, la valorisation de la branche magazines dans son ensemble (France incluse) serait inférieure à 500 millions d’euros. «Cette cession de la branche magazine internationale, cela fait des années qu’on en parle, il faut donc rester très prudent car le processus de vente en est à un stade très préliminaire», rappelle l’expert.

Deux candidats principaux seraient en lice avec des offres fermes, l’américain Hearst (qui édite notamment Cosmopolitan et Harper’s Bazaar et a un CA de plus de 4 milliards de dollars) et le groupe allemand Bauer Media Group (Bravo, avec 308 magazines dans 14 pays, et un CA de 2 milliards d’euros). Selon Le Figaro, le premier serait prêt à offrir entre 650 millions et 700 millions d'euros. Il s’agirait là d’une très bonne opération pour le groupe français, d’autant plus que Lagardère a assuré sa volonté de conserver l’édition française du célèbre magazine féminin Elle, ce qui pourrait poser problème dans les négociations. Cependant, un porte-parole du groupe a indiqué que l'article du Figaro était «sans fondement» et que le processus continuait mais n'en était «pas du tout au stade mentionné».

Un exemple de recentrage des activités de Lagardère

Pourtant, à en croire Les Echos, Lagardère serait sur le point de signer un accord de vente, qui devrait être officialisé dans les prochains jours, avec Hearst, mais le montant évoqué ci-dessus relèverait de la «pure spéculation». Les seuls éléments qui resteraient à déterminer sont le prix et le contrôle de la ligne éditoriale de Elle. Le groupe américain est déjà associé à Hachette pour la publication de l’édition américaine de Marie-Claire depuis 1994.

La décision de vendre fait sens en termes de rentabilité. L’an dernier, frappé par la chute des recettes publicitaires, Lagardère Active a présenté un résultat opérationnel courant des sociétés intégrées de 15 millions d’euros, tandis que Lagardère Publishing a dégagé 301 millions, alors qu’en 2002 la situation était inversée (environ 200 millions pour la branche presse, contre 91 millions pour Publishing). Ainsi, cette cession illustre la volonté de Lagardère d’opérer un recentrage de ses activités autour de segments stratégiques et rentables.

Ce vendredi vers 10h55, le titre Lagardère progressait de 1,71%, à 31,73 euros, affichant la plus forte hausse sur le SBF 120, tandis que le CAC 40 perdait 0,35%.


Claire Lavarenne

Publié le 24 Décembre 2010