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Lagardère : les radios musicales ne sont pas sur la sellette…pour l'instant

Lagardère : les radios musicales ne sont pas sur la sellette…pour l'instant

(Easybourse.com) Le groupe de médias Lagardère a coupé court aux rumeurs. Pas de cession en vue pour ses deux radios musicales Virgin Radio et RFM. Pourtant, en 2010, leurs parts d'audience respectives ont diminué.

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Depuis plusieurs semaines, des rumeurs évoquaient la possibilité pour Lagardère d’une cession de ses radios musicales (Virgin Radio et RFM). Certains soulèvent en effet la question de leur rentabilité sur laquelle Lagardère n’a pas donné de détails dans la publication de ses résultats 2010. «Le groupe Lagardère ne donne pas le détail de ses résultats par radio, et nous n’avons pas d’information sur la rentabilité des radios musicales du groupe», note Bruno Hareng, analyste spécialisé dans le secteur des médias chez Oddo Securities.

Lors de la publication de ses résultats 2010, Lagardère a seulement annoncé «une tendance encore négative des radios musicales, mais en atténuation au quatrième trimestre», alors que Europe 1, son leader radiophonique, a connu «une croissance à deux chiffres de la publicité». Dans l’hypothèse d’une cession, les candidats potentiels pour ces stations musicales pourraient être des groupes comme Bolloré ou NextRadioTV. Pour rappel, l’an dernier, Lagardère a cédé la chaîne de télévision Virgin 17 à Bolloré qui l’a appelée Direct Star. Cependant, Lagardère Active a affirmé qu’il «n’y a pas de projet en cours de cession des radios musicales en France

Sur la saison 2009-2010, les deux radios musicales ont vu leur audience cumulée baisser sur un an. «La dernière saison n'a pas été une grande saison. Nous devons relancer les deux radios et retrouver une audience à la hausse», avait alors indiqué Jean-Christophe Lestra, directeur du pôle radios musicales de Lagardère. Ce dernier a mis en place des grilles de programmes modifiées et de nouveaux animateurs pour la nouvelle saison 2010-2011. Virgin Radio cherche clairement à définir ses contours de radio «jeune», et, même si RFM mise davantage sur la chanson française, les identités des deux stations ne se différencient pas toujours radicalement.

Une rentrée 2010 en demi-teinte

A la fin du mois d’août 2010, des syndicats des deux radios musicales avaient appelé à la grève pour protester contre un projet de «fermeture de stations locales» prévue dans un plan de «réajustement des réseaux», lié selon la direction à des «pertes récurrentes». Ces mesures auraient conduit à la suppression de «moins de 30 postes» sur 250, et à la fermeture de 20 décrochages locaux sur une centaine. Ce plan d’ajustement du réseau devait permettre un retour à l’équilibre dans les trois ans. Toutefois, Lagardère Active n’a pas souhaité faire de commentaires quant à ces éléments.

Selon les données de Médiamétrie, parmi les 10 principaux programmes musicaux français, NRJ, qui se pose en leader, Fun Radio et Skyrock, se partagent le haut de l’affiche des audiences. Un constat : ce sont trois stations bien installées s’adressant aux jeunes, la concurrence s’annonce donc sévère pour Virgin Radio. Vient ensuite la radio des tubes des «années de légende» Nostalgie, tandis que les autres se partagent les restes (RTL 2, Chérie FM, RFM, Virgin Radio, Rire et Chansons et MFM Radio).

Sur novembre-décembre 2010, l’audience cumulée (lundi au vendredi) de Virgin Radio a encore baissé sur un an, passant de 5,2% (1% = 520 750 personnes de 13 ans et plus) à 4,4%, contre 4,7% sur septembre-octobre 2010. L’audience cumulée de RFM a diminué de 0,2 point sur un an, et est restée stable par rapport à septembre-octobre 2010. Pour la tranche weekend, les audiences cumulées ont également enregistré des baisses.

La situation n’est pas au beau fixe pour ces radios musicales, mais leur avenir n’est pas encore fixé. «Lagardère a su trouver un certain équilibre dans ses actifs. Le groupe pourrait néanmoins retirer du cash d’une cession de ses radios musicales, probablement plusieurs centaines de millions d’euros», estime l’analyste. «Entre la cession de sa branche magazine internationale, et celle à venir de sa participation dans Canal+ France, Lagardère va avoir beaucoup de cash qu’il pourrait reverser en dividende exceptionnel ou réinvestir dans des actifs de presse ou dans le domaine du sport», ajoute-t-il. L’inconnue reste donc l’utilisation des sommes retirées de ces opérations.

C.L.

Publié le 28 Mars 2011