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Interview de Rémi Thomas : directeur des relations investisseurs et actionnaires d'Alcatel-Lucent

Rémi Thomas

directeur des relations investisseurs et actionnaires d'Alcatel-Lucent

Nous abordons 2008 sur des bases solides

Publié le 15 Février 2008

Vendredi dernier, Alcatel-Lucent a présenté ses résultats... En quoi le quatrième trimestre de l'exercice 2007 marque une 'recovery' du groupe ?
D'une part, les revenus sont meilleurs que prévus, avec une hausse de 20% par rapport au trimestre précédent, et de 18% par rapport au quatrième trimestre 2006.

Dans nos activités IP et optique, nous sommes toujours performants, et pour le troisième trimestre d'affilée, l'activité GSM est en forte croissance.

D’une année sur l’autre, notre marge d’exploitation ajustée s'améliore de presque six points, notamment grâce à cette croissance des revenus, mais aussi grâce aux réductions de coûts dans toutes nos activités.

Alcatel-Lucent avait loupé le virage de la 3G. Mais pour la 4G, le groupe prend de l'avance et s'allie avec NEC... Que va vous apporter cette alliance ?
Nous sommes deux groupes très innovants, avec des relations déjà établis avec deux des opérateurs les plus avancés dans le domaine : NTT DoCoMo au Japon, avec NEC, et Verizon aux USA, avec Alcatel-Lucent.

Donc, nous devrions aller plus vite et mettre à disposition du marché une offre de produit unique dès 2009, avec les premiers tests démarrant cette année.

NTT DoCoMo a sélectionné Ericsson pour son projet de développement d’une station LTE. Est-ce là quelque chose qui vous inquiète ?
NEC a déjà été sélectionné par NTT fin 2007, et il est courant que les opérateurs s'en remettent à d'autres fournisseurs pour ne pas dépendre d'un seul, donc ça ne remet pas en cause le bien-fondé de notre joint-venture avec NEC.

Quel est le potentiel de marché pour le LTE ?
D'après ABI Researh, le marché devrait être supérieur à 2,1 milliards d'euros d'ici à 2012. D'autres analystes prévoient plus de 400 millions d'abonnés en 2015, dans le monde.

Le démarrage se fera d'abord au Japon et en Amérique du Nord, vers 2009, 2010, pour ensuite s'étendre à l'Europe occidentale.

Quel est le montant des investissements d'Alcatel-Lucent dans le LTE ?
Nous ne détaillons pas l'investissement financier, mais la joint-venture débutera avec 60 personnes qui viendront des deux groupes, mais une fois lancée, les personnes concernées par les travaux de R&D de la JV (dans la JV même et dans les deux groupes) pourraient se monter à un millier de personnes.

 Et à l'avenir, cette collaboration pourrait s'étendre à d'autres domaines technologiques.

Que pensez-vous d'un rapprochement Motorola/Nortel? Ce qui m'amène à vous poser la question de savoir quel rôle Alcatel-Lucent -lui-même né tout récemment d'une fusion- va jouer dans les nouveaux mouvements de consolidation? 
Sans commenter spécifiquement les mouvements ou les rumeurs de notre industrie, nous avions annoncé, lors de l'annonce de notre rapprochement, que nous voyions dans notre industrie une consolidation de nos clients opérateurs, et que nous devions nous adapter à ce changement.

Depuis notre fusion, qui a été la plus grande opération de ce genre dans notre industrie et qui a été suivie par d'autres mouvements de nos concurrents, nous avons connu des conditions de marché difficiles, qui se sont ajoutées aux difficultés d'intégration d'Alcatel et de Lucent, plus fortes que prévues.

Mais nous abordons 2008 sur des bases solides, nous avons progressé dans notre intégration, et nous pouvons donc pleinement nous consacrer à servir nos clients. Si cette consolidation doit se poursuivre, nous avons donc pris de l'avance.

Propos recueillis par Marjorie Encelot

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