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Interview de Khaled Zourray : PDG de Budget Telecom

Khaled Zourray

PDG de Budget Telecom

Le rachat de Neuf Cegetel par SFR est doublement une bonne nouvelle pour nous

Publié le 17 Avril 2008

Les résultats 2007 ressortent conformes aux attentes, avec un chiffre d’affaires en hausse de 25%. Quels ont été les moteurs de cette croissance ?
Cette progression a été portée avant tout par la croissance organique (+17%), liée principalement aux services à destination des non technophiles tout d’abord (téléphonie résidentielle, présélection), puis les services aux résidents étrangers, notamment les Minutes Direct.

Cette croissance a également été portée par l’intégration de Téléconnect, l’opérateur que nous avons acquis en 2006 et que nous avons intégré en 2007.

L’intégration s’est-elle bien passée ?
Elle s’est très bien passée. C’est une intégration qui a demandé beaucoup d’investissements, notamment au premier semestre 2007, pour pouvoir d’abord réorganiser Téléconnect et rapatrier tous les services de Téléconnect (service clients, service facturation) à Montpellier, au siège de Budget Telecom.

Ensuite, nous avons investi dans le développement de nouvelles offres et élargi la gamme de services de Téléconnect aux offres de téléphonie mobile et d’Internet haut débit, notamment.

Au final, sur l’ensemble de l’année 2007, Téléconnect a contribué à hauteur de 130 000 euros au résultat.

Le RN, relativement au CA, s’affiche à 12,1% contre 14% en 2006. C’est donc en partie la résultante de ces investissements…
Tout à fait, c’est non seulement le fait de ces investissements d’intégration, mais aussi le fait des investissements marketing qui ont été importants en 2007. Nous sommes passés de 1 million d’euro de dépenses marketing et commerciales à 2 millions afin de renforcer la marque sur ses deux marchés.

Ces investissements marketing ne seront pas reproduits à ce niveau-là en 2008.

Nous avons également réalisé des investissements importants dans le développement des systèmes d’information. Nous passons d’un modèle largement pré-payé il y a encore de cela trois ans à un modèle post-payé à plus de 70% de l’activité en 2007.

Si on regarde plus en détail le RN, on s’aperçoit qu’il y a 300 000 euros qui proviennent du crédit impôt recherche. Comment va impacter la réforme du CIR sur vos comptes ?
Ces 300 000 euros impactent directement sur le résultat net. Sans cette somme, notre RN serait de 2,6 millions.

Nous avons eu un résultat d’exploitation en baisse du fait de différents investissements que je viens d’évoquer, nous sommes totalement bénéficiaires du CIR.

Le crédit d’impôt recherche nous a permis d’investir, c’est-à-dire que nous n’aurions pas investi autant en frais de développement.

Grâce à votre trésorerie, vous allez verser 0,57 euro par action de dividende. Vous en restera-t-il assez pour poursuivre votre politique de croissance externe ?
A fin 2007, la trésorerie s’élève à plus de 13 millions d’euros. Début 2008, nous avons fait deux opérations de croissance externe qui nous ont coûté près de 5 millions d’euros. Donc aujourd’hui, nous avons une disponibilité de 8 millions d’euros -2 millions d’euros de dividendes seront proposés à l’AG du mois juin-, ce qui est largement suffisant pour les projets de croissance externe que nous avons, qui sont des projets sélectifs. Nous allons très probablement réaliser une autre opération cette année.

Quel segment ? Quelle zone géographique ?
Il s’agit d’un autre opérateur du segment des résidents étrangers basé à Paris.

Nous sommes très avancés dans les discussions pour finaliser cette opération.

Ces opérations sont pour nous très sélectives. Nous avons mis toujours un peu de temps à réaliser nos acquisitions. Nous connaissons très bien le marché et ses acteurs et nous savons quand c’est le bon moment de faire une opération afin de le faire à bon prix.

6 millions d’euros, c’est largement suffisant pour les opérations envisagées qui s’élèvent entre 1 et 3 millions d’euros.

Et puis, par ailleurs, nous avons une structure qui génère du cash de façon récurrente. Sur l’année 2008, nous prévoyons plus de 30 millions d'euros de chiffre d’affaires et plus de 5 millions d’euros de résultat d’exploitation. Nous allons donc régénérer entre 3 et 4 millions d’euros de cash sur l’année 2008.

Par ailleurs, la société a zéro dette aujourd’hui et donc, éventuellement, s’il y a une opération de croissance externe qui dépasse nos capacités, nous pourrons faire appel au crédit sans aucune difficulté.

Que pensez-vous du rachat de Neuf Cegetel par SFR ?
C’est doublement une bonne nouvelle. Parce que d’abord, nous misons sur la concentration du marché. Plus le marché de masse se concentre, moins il y a d’acteurs et moins il y a de concurrents pour nous qui sommes sur un marché de niche.

En plus, dans les obligations données à SFR par la Direction de la concurrence pour qu’elle donne son feu vert au rachat, il y a l’ouverture des réseaux aux MVNO. Les conditions d’accès au marché mobile seront plus satisfaisantes.

La concentration et le rachat de Neuf Cegetel n’augurent-ils pas un futur rachat de Budget Telecom ?
Une fois que les grands opérateurs auront fini de se racheter les uns les autres, une fois que la concentration n’aura laissé que deux ou trois acteurs, et une fois que le marché sera arrivé à maturité (d’ici à deux ans peut-être), les opérateurs commenceront à s’intéresser à des opérateurs qui sont sur des niches profitables. A ce moment-là, ce sera à nous de voir s’il y a un sens économique et industriel.

Propos recueillis par Marjorie Encelot

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