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Interview de Marc Bidou : Sous Titre de l'interview

Marc Bidou

Sous Titre de l'interview

Nous venons de faire deux acquisitions récemment et nous n'excluons pas d'en faire d'autres étant donné que les valorisations actuelles semblent plus réalistes

Publié le 09 Novembre 2011

Quel est le principal enjeu de l'acquisition de Badtech (Dismoioù) ?
Cette opération permet à Maximiles de pénétrer tout le marché du local et du mobile. Le mobile devient en effet un terminal essentiel en termes de temps d'usage, et est complètement intégré dans les stratégies marketing des annonceurs. Maximiles se doit dès lors d'être présent dans le mobil parce que d'ici 3 ans, notre métier du CRM/fidélisation passera par le mobil.
Cela nous ouvre également tout le marché du local, où les points de vente avec lesquels nous travaillons déjà sur une approche nationale, vont pouvoir se positionner plus spécifiquement.

Que vous apporte cette opération, en termes chiffrés notamment ?
Dismoioù nous permet de rajouter ses compétences en matière de SoLoMo (Social- Local-Mobile), avec une équipe de 5 à 7 ingénieurs qui vont ainsi renforcer notre équipe de développement et nous apporter un savoir-faire dans un secteur que nous n'avions pas vraiment jusqu'ici.
En revanche, cette acquisition ne nous apportera pas de revenus dans l'immédiat, puisque Dismoioù n'a pas encore mis en place ses modes de commercialisation, ce qui devrait se faire dans le courant de l'année 2012-2013. Dans le détail, les frais de cette structure nous coûteront de l'ordre de 500 000 à 1 million d'euros par an.
Enfin cette opération nous permet également d'aborder de nouveaux marchés qui sont à la fois soumis à un très fort développement et existent déjà, puisque le marché de la publicité locale en France représente environ 10 milliards d'euros.

Cette stratégie permet également de combler l'activité de marketing direct qui souffre depuis plusieurs années maintenant...
En matière de CRM/fidélisation, qui est notre activité historique, il n'y a pas de déclin, comme le montre la croissance de ce pôle de 37% au premier trimestre.
Cela étant, nous avons monté, il y a quelques années, une offre de monétisation des bases de données en marketing direct qui a été très rentable au début, mais qui rencontre effectivement aujourd'hui quelques difficultés, dans la mesure où l'e-mailing est globalement difficile pour tous les acteurs: il est en effet moins bien perçu par les consommateurs et son efficacité reste difficile à mesurer.
Nous avons donc observé une baisse des revenus dans cette branche, mais cela fait partie du cycle Internet. Il existe de multiples modèles économiques, avec des cycles dans ces modèles, et il est normal de ce fait, que certains soient plus en déclin que d'autres, au contraire plus émergents comme le Local et le Mobile...

Comment voyez-vous évoluer vos pôles d'activité ?
Notre activité historique, CRM/Fidélisation, représente environ 40% du chiffre d'affaires et enregistre toujours une forte croissance, c'est donc un axe stratégique majeur en termes de croissance organique, mais aussi, éventuellement, en termes d'acquisitions potentielles.
Nous avons par ailleurs créé une autre branche d'activité avec le Panel en ligne, qui a connu de très forts développements avec des acquisitions en Allemagne l'an dernier.
Ces deux pôles sont à la fois en forte croissance au premier semestre et promis à de très forts développements dans le futur, puisqu'ils ne sont pas soumis à des cycles éphémères. Pour exemple, l'activité d'enquête s'inscrit sur le long terme et devrait encore tripler dans les années à venir puisqu'il n'y a que 25% des terrains d'études qui sont faits sur Internet aujourd'hui en Europe, alors qu'ils sont 75% dans les pays les plus développés.
A cela, nous ajoutons la dimension Mobile qui est un nouveau pôle d'activité, mais se retrouve de manière transverse et devrait donc impacter tous les métiers.

Votre réserve de cash atteint près de 10 millions d'euros, de quoi envisager de nouvelles acquisitions...
Nous avons en effet tous les moyens pour continuer à faire des acquisitions. Pour mémoire, nous n'avons pas souhaité suivre la surenchère sur les prix des années 2006 à 2009-2010. Nous venons de faire deux acquisitions récemment et nous n'excluons pas d'en faire d'autres étant donné que les valorisations actuelles semblent plus réalistes, ce qui devrait se traduire par davantage d'opportunités dans les mois à venir...

Nicolas Sandanassamy