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Interview de Michel Datchary : directeur général de PagesJaunes Groupe

Michel Datchary

directeur général de PagesJaunes Groupe

Nous disposons d’une dette revolving de 400 millions d’euros

Publié le 20 Février 2007

Un commentaire sur les résultats annuels 2006 de PagesJaunes ?
PagesJaunes a enregistré une croissance de 6% en 2006. Ce chiffre doit être comparé avec la croissance du marché publicitaire, qui a été de l’ordre de 2 à 3% l’an dernier. C’est donc le double du marché. Il en va de même en Espagne.
2006 a été une année positive, même si notre croissance correspond au bas de la fourchette, qui était de 6-6,5%.

Votre marge brute opérationnelle n’augmentera que de 2% à 4% en 2007 après une hausse de 5% l’an dernier. Comment expliquez-vous cette décélération ?
Il ne s’agit pas d’une décélération structurelle mais d’un choix d’investissement de la part de PagesJaunes. Nos investissements majeurs résident dans le lancement d’un site de petites annonces, www.annoncesjaunes.fr, qui suppose un investissement en communication mais également sur le plan commercial. Nous avons également des projets Internet et envisageons d’investir sur les annuaires imprimés, en vue d’une amélioration de la distribution et de la publicité.

S’agissant de la trésorerie, PagesJaunes est passé d’une situation excédentaire de 553 millions d’euros à un endettement net de 1,867 milliard d’euros. Envisagez-vous de réduire votre dette en 2007. Si oui, dans quelle proportion ?
Nous n’envisageons pas spécialement de réduire la dette du groupe. L’endettement de PagesJaunes peut être qualifié de constant parce que la dette est in fine. Il convient de plus de noter que l’effet de levier est inférieur à celui de certains de nos homologues européens.

Quelle part représentera Internet dans vos revenus 2007 et à moyen terme ?
Les revenus en ligne représentent un tiers des revenus du groupe. Il s’agit d’un cas atypique par rapport aux autres éditeurs. Cela est rendu possible en raison de l’audience puissante de PagesJaunes.fr, support sur lequel le nombre de visites sur l’année s’établit à 720 millions, et à 10 millions de visiteurs uniques sur le mois.
Nous n’établissons pas de prévisions pour les années à venir.

La concurrence dans le secteur des renseignements téléphoniques est toujours aussi forte. Quel budget publicitaire allez-vous consacré à votre service 118 008 ?
Nous ne publions pas de chiffre. Selon la presse, ce budget serait de 43 millions d’euros. Mais dans les faits, nous sommes nettement en dessous.

Dans ce secteur, PagesJaunes se distingue de ses concurrents en ayant opté pour une localisation des centres d’appel en France. Pourquoi un tel choix ? Quel est son impact sur les charges du groupe ?
Nous avons fait le choix d’une plateforme en France afin de garantir une rapidité de l’information et car nous souhaitons apporter une valeur ajoutée à nos produits qui suppose une connaissance du pays. Ce choix est certes pénalisant en termes de charges, mais la qualité est en rendez-vous. C’est le principal.

Revenons sur la cession de la participation de France Télécom, qui a été la saga de cet été et de cet automne. Sur quels critères s’est opéré le choix du repreneur ?
Sur le prix. Cinq candidats étaient en lice au début, puis la liste s’est réduite à deux noms. Le choix s’est fait sur le prix et les conditions associées.

La structure du capital est-elle susceptible d’évoluer ? On évoque un rachat des minoritaires par KKR/Goldman Sachs, qu’en est-il exactement ?
KKR et Goldman Sachs ont fait une offre à 22 euros au marché, puis à 13 euros lorsque le dividende spécial de 9 euros a été distribué. Cette offre a échoué car le marché valorise PagesJaunes au-delà de cette somme.

Vous avez prévu de distribuer l’intégralité de votre résultat net cette année. Pour quelles raisons ?
Nous distribuons l’intégralité du résultat net depuis trois ans. PagesJaunes génère du cash dont nous n’avons pas forcément besoin pour investir ou faire de petites acquisitions. En cas d’investissement ou de projet de rachat, nous disposons d’une dette revolving négociée auprès des banques et dont le plafond est fixé à 400 millions d’euros.

Propos recueillis par C.P.

laetitia

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