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Interview de Jacques-Henri Eyraud : directeur général délégué de Sporever

Jacques-Henri Eyraud

directeur général délégué de Sporever

Le contrat lié au mondial de rugby contribue fortement à l’amélioration de notre rentabilité

Publié le 12 Septembre 2007

Quelles sont les opportunités que la Coupe du monde de rugby 2007 représente pour Sporever ?
La principale opportunité est liée au travail que nous faisons dans la téléphonie mobile, puisque nous avons été précurseurs en Europe de la diffusion de contenu sportif sur terminaux mobiles. Dès janvier 2001, nous avons commencé à travailler à l’adaptation de contenu destiné à être diffusé sur les écrans des téléphones mobiles. Ce travail a été couronné par un certain nombre de succès, le dernier d’entre eux étant le contrat de production pour les opérateurs mobiles du monde entier ayant acquis les droits de diffusion de la Coupe du monde de rugby.

Un opérateur néo-zélandais, par exemple, qui a acquis les droits de diffusion sur téléphones mobiles pour son pays passera nécessairement par nous pour obtenir les séquences des grands moments des matchs, quelques minutes après l’action.

Concrètement, quand un essai est marqué, nous sommes capables de retravailler rapidement le plan large tourné pour la télévision et de l’adapter à une diffusion sur un écran de téléphone.

Pouvez-vous quantifier l’amélioration de rentabilité apportée à Sporever -qui a présenté au titre du premier semestre une activité en recul de 9% sur un an- par la Coupe du monde ?
Nous avons déjà dit que notre rentabilité serait en amélioration significative pour l’exercice, essentiellement au deuxième semestre. En effet, au premier semestre nous avons pâti d’une absence totale d’évènements sportifs, ce qui n’est pas le cas dans la deuxième partie de l’année, essentiellement grâce à la Coupe du monde de rugby.

Le contrat de plusieurs centaines de millier d’euros lié à ce mondial contribue fortement à l’amélioration de notre rentabilité.

Comme vous venez de le dire, l’économie du sport est marquée par une forte saisonnalité et une forte variation du nombre d’évènements entre deux exercices. Quels sont les mécanismes susceptibles de lisser l’activité de Sporever ? 
Un lissage est difficile. Cependant, nous sommes, pour une partie importante de notre chiffre d’affaires, dépendants de l’évolution du marché de la publicité en ligne qui présente encore une croissance à deux chiffres. Avec nos sites Internet, parmi lesquels football365.fr, nous surfons sur ce marché et pouvons donc tabler, quoiqu’il arrive, sur une croissance des recettes publicitaires.

En outre, l’acquisition de droits exclusifs revêt pour nous une importance particulière. Le sport est une économie qui dépend beaucoup des droits, souvent exclusifs, et nous avons réalisé il y a quelques mois une transaction capitale pour nous : nous avons acquis pour trois ans les droits exclusifs sur le marché français pour la diffusion sur Internet et terminaux mobiles du championnat de football anglais.

Nous sommes donc les seuls en France à diffuser sur Internet les images du championnat anglais. Nous avons la possibilité de sous-licencier ces images à des tiers de notre choix, mais nous avons lancé début août un nouveau site dédié au football anglais qui nous permet de développer notre audience et nos recettes publicitaires tout au long de l’année, dans la mesure où le championnat de football anglais dure une bonne partie de l’année. Cela nous permettra, à terme, de lisser les effets de la saisonnalité.

Votre actionnaire (à plus de 12%) et principal client, Orange, est un sponsor officiel de l’organisation. Dans quelle mesure ce statut est-il un avantage pour Sporever ?
C’est un formidable avantage. Orange, en matière de sport, a fait ses preuves et a accumulé un certain nombre de droits qui lui permettent de proposer l’offre de contenu la plus dense sur cette thématique.

Quant à nous, nous avons la chance d’avoir fait nos preuves auprès d’Orange et d’avoir suffisamment acquis leur confiance pour qu’ils se reposent aujourd’hui sur Sporever pour produire une bonne partie de leur contenu.

Le statut de sponsor officiel de l’évènement que détient Orange est donc, pour nous, une opportunité intéressante.

Orange a garanti ses commandes jusqu’à l’année prochaine. Êtes-vous confiant quant au renouvellement de ce contrat ?
Bien sûr.

Quelles sont les différentes évolutions de la structure de l’actionnariat qui s’offrent à Sporever ?
Il n’y a, à ce jour, rien de majeur à annoncer. Néanmoins, comme un certain nombre de sociétés nées dans le début des années 2000 et ayant investi le territoire des nouveaux médias, nous suscitons l’intérêt de certains acteurs. Dans ce contexte, il nous a semblé intéressant de mandater la banque Lazard pour nous aider à étudier toutes les orientations stratégiques possibles pour le groupe. Ces orientations stratégiques sont très variées.

Concernant notre structure capitalistique, elle est à l’heure actuelle très simple, puisque le seul investisseur à s’être manifesté lors de la création de l’entreprise est le fonds de capital risk Atlas Venture. Ce fonds détient encore près de 37% du capital de la société.

La question de son maintien dans le capital se posera à l’avenir en fonction des marques d’intérêt que l’on pourrait recevoir. Mais Atlas Venture n’a, à ma connaissance, pas fait part de son intention de réduire sa participation au capital.

Le management serait-il favorable au rachat de Sporever par un grand groupe, comme ce fut le cas pour auFéminin.com ou Evene.fr ?
Nous ne serons jamais opposés à une solution qui serait créatrice de valeur pour nos actionnaires.

Concernant le maintien du titre But ! -racheté en 2003, mais largement déficitaire- dans votre périmètre, vous avez mandaté Aforge Finance. Disposez-vous d’un racheteur potentiel ?
Nous avons reçu des marques d’intérêt. Or, quand nous recevons des marques d’intérêt pour l’un de nos actifs -c’est valable pour But ! comme pour n’importe lequel de nos actifs- nous nous devons de les étudier. Aucune décision n’a cependant été prise à l’heure actuelle quant à la cession de But !.

A quel horizon temporel une décision sur l’avenir de But ! sera-t-elle prise ?
Nous n’avons pas d’horizon temporel à communiquer.

Est-ce qu’en tant qu’éditeur de sites Internet, avoir dans son portefeuille d’activités un titre de presse papier représente encore un réel avantage stratégique ?
Je ne dirais pas que But ! est un avantage stratégique pour notre groupe. Aujourd’hui, notre volonté est de recentrer notre activité sur les nouveaux médias.

Dans notre pôle Internet, l’objectif de l’exploitation des sites web est de fédérer la communauté d’internautes la plus large possible autour de nos marques.

Notre deuxième axe de recentrage est de travailler pour offrir aux annonceurs, aux organisateurs d’évènements et à l’ensemble des grands acteurs du sport les services nouveaux médias les plus performants pour toucher leurs cibles.

Nous concentrerons nos efforts là-dessus à l’avenir.

Sporever semble actuellement sous-évaluée. Auriez-vous un dernier mot à adresser au marché ?
Notre regard se tourne déjà vers l’exercice 2008. 2008 devrait être une année très positive dans la mesure où c’est, depuis dix ans, l’année la plus chargée en évènements sportifs majeur : non seulement c’est une année olympique, mais il y aura aussi le championnat d’Europe des nations de Football qui se déroulera en Suisse et en Autriche avec une équipe de France qui est plutôt bien partie pour se qualifier.

Nous sommes confiants dans le potentiel de la société, dans les expertises que nous avons bâti depuis plusieurs années et dans les équipes qui sont en charge de développer l’activité.

Propos recueillis par Anne-Sophie Baal

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