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Interview de Khaled Zourray : PDG de Budget Telecom

Khaled Zourray

PDG de Budget Telecom

Nous travaillons aujourd'hui sur quatre dossiers d'acquisition

Publié le 20 Septembre 2007

Un commentaire sur vos résultats?
Ce sont des résultats qui montrent une forte croissance de notre activité sur tous nos segments, en tout cas sur toutes nos nouvelles offres lancées récemment (offre en présélection auprès du grand public en low cost, notamment) et qui ont été stratégiques pour Budget Telecom.

Sur la téléphonie low cost en présélection, nous sommes en forte croissance, alors que tous les autres opérateurs sont en perte de vitesse. Ça montre bien la pertinence de notre stratégie qui est de nous positionner sur un marché de niche abandonné par les grands opérateurs.

Là où les Neuf Cegetel, les Télé2, les France Telecom perdent des abonnés, Budget Telecom est en croissance. Nous sommes, aujourd’hui, le seul opérateur actif sur le segment de la téléphonie classique en présélection auprès d’un public à revenu modeste, qui n’intéresse plus, aujourd’hui les grands opérateurs, qui, eux, markètent leurs services autour d’offres triple play. Ces offres intéressent principalement un public de technophiles. Même si ce public s’élargit de plus en plus, notre segment représente toujours cinq millions de foyers potentiels. Il faut bien comprendre que nous ne sommes pas en concurrence avec les grands opérateurs.

Sur le segment de la téléphonie internationale, qui est notre métier historique et qui s’adresse plutôt aux résidents étrangers en France, nous avons une large gamme de services, des services qui sont, entre guillemets, communautarisés, dans le sens où nous proposons des tarifs très très agressifs, dans le sens également où nous développons un marketing adapté avec un service client dans la langue du pays. Les grands opérateurs sont sur un marketing de masse et ils ne peuvent donc pas proposer ces services adaptés.

La pertinence de notre positionnement fait que les résultats 2007, 2006 et même de l’année précédente, montrent une forte croissance organique de Budget Telecom.

On s’aperçoit quand même que l’international s’inscrit de nouveau à la baisse. Comment comptez-vous palier à cette dégradation récurrente ?
Nous avons lancé un nouveau service en 2005 avec la vente de crédits de communication par Internet pour éviter la baisse de l’activité traditionnelle de Budget Telecom. Alors, il est vrai que la vente de crédits de communication discounts à l’international sur Internet a beaucoup souffert de la concurrence des fournisseurs d’accès Internet, qui proposent dans leurs packages 40 destinations gratuites pour certains. Elle a également souffert de l’arrivée de Skype.

Pour contrer cette dégradation, nous avons lancé en 2005 un service qui s’appelle les minutes directes qui permet de téléphoner, depuis n’importe quel téléphone fixe ou mobile vers plus de 100 destinations au prix d’un appel local. Ce n’est plus du téléphone discount, c’est du téléphone hyper discount. Cette offre nous a permis, aujourd’hui, de rattraper nos positions, de générer de très forts volumes de minutes et de pouvoir nous positionner vis-à-vis d’un Skype. Par contre, elle génère de plus faibles marges.

Maintenant par rapport aux FAI, nous avons fait évoluer notre stratégie marketing. Nous ne communiquons plus simplement sur Internet. Nous communiquons aussi auprès d’un public qui n’a pas forcément accès à Internet (publicités dans les lignes des métros parisiens, TV).

Sur le premier semestre, cette stratégie nous a permis de limiter la baisse du chiffre d’affaires par rapport à 2006 et, déjà sur le second semestre 2007, nous avons une croissance du CA.

L’amélioration du chiffre d’affaires (+26%) s’accompagne, certes, d’un mieux du côté du résultat net (19%), mais quelles sont les charges qui ont pris du poids par rapport à l’année dernière ?
Ce qu’il faut savoir, c’est que la marge brute a été préservée (40% en 2006), alors que nous avons un mix produits qui est, évidemment, de plus en plus favorable aux produis hyper discounts.

Nous avons pu proposer des services à des tarifs plus bas, tout en préservant notre marge brute, ça veut dire que nous avons réussi à négocier de meilleurs tarifs auprès de nos fournisseurs.

Ce qui a grevé le fait que le RN n’évolue pas de manière proportionnelle au CA, nous avons eu des coûts exceptionnels pendant le premiers semestre 2007, des charges liées à la réorganisation : nous avons acquis une société en 2006 (Teleconnect, ndlr) et en 2007, nous avons totalement intégré cette société et nous avons rapatrié l’activité de Paris à Montpellier, ce qui nous a obligé à mettre en place un mini plan social.

Nous avons également eu des charges marketing importantes (essentiellement dues au financement des campagnes télévisées), qui le seront moins au second semestre.

Nous retrouverons au deuxième semestre un résultat proportionnellement supérieur.

Au sujet des acquisitions, justement, des dossiers sont-ils aujourd’hui à l’étude chez Budget Telecom ?
Nous travaillons aujourd’hui sur quatre dossiers et nous espérons, et nous sommes très confiants, pouvoir en concrétiser un ou deux d’ici à la fin de l’année.

Ce sont des dossiers de deux types. D’une part, ce sont des dossiers low cost grand public qui concernent des reprises d’activité de certains acteurs qui se sont diversifiés sur le secteur des télécoms, à une certaine époque, et pour qui ce n’était pas leur cœur de métier.

D’autre part, nous étudions des dossiers de croissance externe sur le segment des téléboutiques, ces boutiques situées dans les quartiers à forte densité étrangère dans lesquels les gens vont téléphoner.

Sur ce segment complémentaire, nous avons une activité importante en forte croissance (+18% en organique), mais nous n’avons pas nos propres téléboutiques, nous sommes fournisseurs de services.

En plus, nous renforçons notre présence en dehors de l’Internet.

Ce sont des dossiers français ?
Oui. Il y a aussi un dossier à l’étranger, en Espagne plus précisément, sur le segment des téléboutiques.

Quelle enveloppe pouvez-vous octroyer à ces acquisitions ?
Aujourd’hui la société est saine financièrement, elle a zéro dette, elle a un besoin de fonds de roulement structurellement négatif parce que tous nos clients sont en pré-payé et nous disposons de 12 millions d’euros en trésorerie. Donc, nous disposons d’une enveloppe globale de 10 millions d’euros à investir en cash. Différents modèles peuvent évidemment être envisagés et même, sur des dossiers plus importants, nous pourrions être amenés à faire appel au marché. Mais pour l’instant, pour les acquisitions en vue, la trésorerie finance largement.

Côté bourse, comment pensez-vous rendre plus liquide votre titre ?
Nous avons bien entendu envie de rendre plus liquide notre titre. Pour cela, il faut rendre plus visible la valeur auprès du marché, des gestionnaires de fonds, des analystes. Nous pensons à différentes choses.

Le marché attend une opération. Lorsque nous sommes entrés en bourse, il y a un an, nous avons levé des fonds dans le but de financer, très clairement, des opérations de croissance externe.

Au travers ces opérations, le marché attend également que Budget Telecom démontre qu’elle est capable d’intégrer ses acquisitions et d’arriver à un volume d’affaires qui soit de l’ordre de 40 millions d’euros. Il faut vraiment qu’il y ait un gap dans la valorisation.

Quelles sont vos guidances pour cette année ?
Nous visons pour cette année 22 millions d’euros de chiffre d’affaires et un résultat d’exploitation entre 15% et 20%.

Propos recueills par Marjorie Encelot

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