Le front des actionnaires familiaux d’Hermès est-il aussi uni que l’affirment les dirigeants du groupe face à la montée en puissance de LVMH ? La question se pose après les propos de l’un des héritiers, Nicolas Puech, parus hier dans le Journal du Dimanche.

Tout en défendant l’indépendance d’Hermès, M. Puech, principal actionnaire familial du groupe avec 6% du capital, refuse d’apporter ses titres à la holding qui doit verrouiller 50,2% du capital sur les 73% détenus par la famille. «J’ai dit à ma famille qu’enfermer nos actions dans une holding présenterait l’inconvénient majeur de priver les actionnaires familiaux de leur pouvoir individuel de contrôle sur la gestion. La liberté de chacun est le meilleur garant de notre unité à long terme», explique-t-il.

Pourquoi pas une coopération...

Selon lui, le statut de société en commandite d’Hermès protège déjà le sellier d’une prise de contrôle rampante. La famille «conservera le contrôle de la gestion du groupe aussi longtemps qu’elle ne décidera pas de descendre au-dessous d’un seuil qui se situe, pour une société en commandite, à 33%. Nous en sommes loin!», affirme-t-il.

En revanche, Nicolas Puech envisage une coopération avec le nouvel actionnaire, qui détient désormais 20% et réclame un droit de regard sur la stratégie commerciale. «Je connais personnellement les Guerlain et j’entends parler par des proches des Krug et des Bulgari. Tous semblent satisfaits de leurs liens avec LVMH. En ce qui concerne Hermès, mon seul souhait est que cette maison préserve ses caractéristiques si particulières qui la placent hors du lot».

Ces propos ont été éclipsés lundi par les conséquences du tsunami sur les valeurs du luxe, notamment Hermès qui réalise 19% de ses ventes au Japon. Vers 16h00, le titre recule de 2,6% sur un marché en baisse de 1%. LVMH, qui réalise 9% environ de son chiffre d'affaires dans l'archipel, abandonne 3%.