Après le fonds américain Knight Vinke et le fils du cofondateur de Carrefour, Hervé Defforey, c'est au tour du cabinet de conseil aux actionnaires Deminor de prendre position contre le projet de Carrefour qui souhaite mettre en bourse sa filiale de hard discount Dia et 25% de sa foncière Carrefour Property.

Pour Deminor, la scission de 100% de Dia et de 25% de Carrefour Property s'apparente à 'un démantèlement' et le fonds Colony et Groupe Arnault, qui détiennent environ 14% du capital et 20% des droits de vote de Carrefour, essaient une 'manoeuvre désespérée d'investisseurs cherchant à tout prix à compenser les pertes subies sur leur investissement', rapporte Reuters.

L'argument commun qui rassemble ces opposants au projet est qu'une telle opération ne sera pas créatrice de valeur sur le long terme. Les syndicats des salariés de Carrefour ne sont pas non plus favorables à ce projet de scission. Selon eux, il s'agit d'une opération financière dans l'intérêt à court terme de Colony Capital et de Groupe Arnault, principaux actionnaires du groupe de distribution. Ainsi, l'intérêt stratégique pour l'entreprise d'une telle opération est remis en cause par certains.

Samedi dernier, les syndicats ont appelé à la grève pour protester contre les conditions de travail mais aussi contre le projet de scission. Cette mobilisation a conduit le distributeur à organiser une rencontre avec les syndicats ce mercredi pour reprendre les négociations sur les salaires et les conditions de travail.

Le Fonds commun de placement d'entreprise (FCPE) des salariés, qui détient 1,34% du capital et plus de 2% des droits de vote de Carrefour, devrait voter contre la cession de Dia lors de l'assemblée générale du 21 juin prochain.

Ce mardi vers 9h05, le titre Carrefour cédait 0,22%, à 31,65 euros, dans un marché parisien en baisse de 0,84%, à 4 004 points.