Avec des ventes en hausse de 17% au premier trimestre, le numéro un mondial du luxe LVMH a une nouvelle fois dépassé les attentes. «Le groupe réalise un excellent début d’année, poursuivant les tendances observées à la fin de 2010. Les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie connaissent une forte dynamique», commente LVMH dans son communiqué.

Les analystes qui s’attendaient à un tassement du chiffre d’affaires après une année 2010 de forte croissance, en sont pour leur frais. En bourse, cependant, l’action LVMH affiche une baisse de 1,9% depuis le début de l’année, lorsque le CAC 40 ressort en hausse de 6,7% (elle avait progressé de 60% l’année dernière, la meilleure performance du marché parisien).

Rotation sectorielle
«On a observé une rotation sectorielle en début d’année, avec des prises de bénéfices d’un certain nombre d’investisseurs sur le secteur du luxe», explique Laurent Belloni, gérant du fonds Pictet Premium Brands, spécialisé dans les marques de prestige. Tout au long du premier trimestre, la hausse de l’euro face au dollar a renforcé la méfiance des investisseurs qui craignaient que cela n’impacte les ventes de produits européens à l’étranger. Si l’on ajoute à cela la catastrophe au Japon, l’un des principaux marchés des groupes de luxe, on comprend que le secteur ait été délaissé.

Mais, souligne Laurent Belloni, «l’environnement reste très sain. La demande est telle que les marques peuvent augmenter leurs prix sans craindre une baisse de leurs ventes. Elles vont ainsi pouvoir compenser la hausse des matières premières (or, argent, etc.). Le seul facteur négatif est la hausse de l’euro face au dollar, mais les marques y ont régulièrement été confrontées depuis dix ans et ont appris à gérer les effets de change».

La Chine, nouvel eldorado
Le marché mondial du luxe devrait croître de 8% cette année (hors effets de change) après une progression de 12% en 2010, estime le cabinet Bain&Company dans sa dernière étude, nettement plus optimiste que la précédente qui tablait sur une progression de 3 à 5% seulement des ventes en 2011. Cette révision à la hausse s’explique en particulier par la demande chinoise, qui tire littéralement le secteur vers de nouveaux records. Les ventes en Chine devraient croître de 25% cette année (contre 30% en 2010) et détrôner le Japon, actuellement le deuxième plus gros marché du luxe avec 17,6 milliards de dollars. «Les marques françaises sont parmi les mieux placées en Chine, car elles bénéficient d’une histoire et d’une légitimité qui renforcent leur pouvoir séduction auprès de cette nouvelle clientèle», note Laurent Belloni.

Le gérant s’attend donc à une poursuite du rebond boursier entamé ces dernières semaines. «En moyenne, le secteur se traite à 17 fois les bénéfices attendus pour 2012. Cela n’est pas excessif. Nous prévoyons une hausse de 15% des bénéfices en moyenne cette année. Cela devrait entraîner un « re-rating » du secteur autour de 20-22 fois les bénéfices attendus pour 2012», assure-t-il. Ses principales positions sont LVMH, Richemont, Tiffany, Burberry, et Swatch.