Si le distributeur français Casino fait tout pour empêcher le rapprochement entre le groupe brésilien Grupo Pao de Açucar (GPA) et Carrefour Brésil, Abilio Diniz ne semble pas non plus à court d’idées pour défendre et faire aboutir ce projet. Contrairement à ce que lui reproche son partenaire Casino, qui détient plus de 43% de GPA, Abilio Diniz estime ne pas avoir rompu le pacte d’actionnaires qui les lie.

En effet, ces dernières semaines, le groupe dirigé par Jean-Charles Naouri n’a cessé de rappeler que selon ce pacte aucune négociation impliquant l'avenir de GPA ne peut avoir lieu sans Casino. Ce dernier a même saisi la Chambre de Commerce Internationale (CCI) d’une seconde procédure d’arbitrage à l’encontre du groupe Diniz. Pour Jean-Charles Naouri, ce projet de rapprochement entre GPA et les actifs brésiliens de Carrefour s’apparente à une «expropriation».

Abilio Diniz, prêt à tout pour le projet ?

Dans une interview accordée au Figaro en début de semaine, l’homme d’affaires brésilien déclarait pourtant : «Je ne crois pas que Jean-Charles ira contre ce projet, qui est bon pour tout le monde. Il regardera tous les intérêts, pour lui, Casino et GPA. Mon intention est de discuter avec lui et de le convaincre». Mais, ce jeudi, il a toutefois envisagé le cas de figure d’un refus de Casino.

Abilio Diniz a indiqué, dans un entretien accordé au journal Valor Economico, qu’en cas de refus de Casino il était peu probable que le projet de fusion soit toujours soutenu par la Banque nationale brésilienne de développement (BNDES). Qu’à cela ne tienne, l’entrepreneur brésilien a laissé entendre que d’autres fonds étaient intéressés par le financement du projet de fusion. Il pourrait également envisager de racheter la part de Casino dans GPA.

Ce jeudi, le titre Carrefour a terminé en nette hausse de plus de 2%, à 23,72 euros, tandis que la valeur Casino a fini en progression de 1,85%, à 66,63 euros, à la bourse de Paris qui a gagné 0,47%, à 3 979 points.