Le secteur du luxe va-t-il être rattrapé par la crise ? En ce qui concerne le segment des cosmétiques, c’est peut-être déjà le cas. «La tendance ralentit pour nous en Europe depuis le mois de juin (...) Je suis inquiet pour l'évolution du marché au second semestre mais aussi pour 2012», a déclaré jeudi Philip Shearer, directeur général du groupe français Clarins, lors d'une interview à Reuters.

«Certains de nos clients (chaînes de parfumerie) sont endettés, les perspectives en termes d'emplois sont mauvaises et le crédit va se raréfier», a-t-il ajouté.

Sur les huit premiers mois de l’année, les ventes du groupe en Europe ont tout de même augmenté de plus de 10% alors que le marché des cosmétiques de luxe n’a cru que de 3% à 4%. L'Oréal, numéro un mondial du secteur, a quant à lui vu les ventes de sa division de luxe augmenter de 6,9% au premier semestre 2011.

Mais la crise boursière et le maintien d’un taux de chômage élevé en Europe et aux Etats-Unis font craindre une baisse de la consommation sur ces marchés matures, qui représentent encore une part importante du chiffre d'affaires des groupes de luxe.

L’avertissement lancé ce jeudi par Clarins est par conséquent pris au sérieux par les investisseurs. Vers 17h00, alors que le CAC 40 progresse de 0,6%, le titre L’Oréal se replie de 2,4% et celui de LVMH de 4,9%. La lanterne rouge revient à PPR qui abandonne 5%.