Qu’ils se nomment Burberry, Swatch, PPR ou LVMH, les grands groupes de luxe ont publié des résultats particulièrement solides au troisième trimestre, portés par des taux de croissance à deux chiffres dans les pays émergents et par le rétablissement du marché japonais moins d’un an après le tsunami qui a frappé l’Archipel.

«Le troisième trimestre confirme la tendance observée depuis le début de l'année. La progression continue d'être soutenue en Asie, en Europe et aux Etats-Unis tandis que le Japon voit un retour à la croissance», a commenté LVMH à l’occasion de la présentation de ses résultats trimestriels.

Ce mardi, le groupe britannique Burberry a publié un bénéfice en hausse de 26% pour son premier semestre, dépassant les attentes des analystes pourtant élevées. Le groupe ne décèle toujours aucun signe de ralentissement de la demande malgré l'incertitude sur l'évolution de la croissance mondiale. Cependant il se dit «attentif à toutes les incertitudes et prêt à réagir à ces dernières». Car le luxe reste un secteur hautement cyclique. Les investisseurs gardent en mémoire les déstockages massifs enregistrés après la chute de Lehman Brothers, qui avaient entraîné une contraction des ventes en 2009.

«Les valeurs du luxe corrigent lorsque la confiance des consommateurs baisse», explique Laurent Belloni, gérant du fonds Premium Brands chez Pictet Asset Management. Ainsi, début septembre, la plupart des valeurs du fonds ont subi des pertes liées à de mauvais indicateurs économiques. Le secteur a depuis remonté la pente et continue à afficher une surperformance par rapport aux indices généraux.

Car les fondamentaux restent très bons. Le marché mondial du luxe devrait croître de plus de 10% en 2011, selon le cabinet Bain & Co, après une année 2010 qualifiée d’ « exceptionnelle » par de nombreux observateurs. Pour 2012, Bain & Co table sur une hausse de 7,5% des ventes, à plus de 200 milliards d’euros. Compte tenu de ces perspectives, «nous restons très positifs sur le secteur», indique Laurent Belloni. Selon lui, investir dans le secteur aujourd’hui est un bon moyen de capter la croissance des pays émergents sans s’exposer à la volatilité des entreprises originaires de ces pays. Au cours des derniers mois, le fonds a misé plus particulièrement sur des valeurs come Tiffany, Essilor, Rémy Cointreau, ou encore Pernod Ricard, et participé aux entrées en bourse de MGM China et Prada.