En ce qui concerne l'évolution économique de l'Europe et de la consommation dans les pays d'Europe de l'Ouest, '2012 sera pire que 2011', selon Ricardo Curras, directeur général de Dia, dans une interview accordée aux Echos.

Néanmoins, le dirigeant du distributeur espagnol estime que 'l'alimentaire en général est toujours plus résilient que d'autres secteurs de consommation', et que 'le modèle hard discount résiste mieux dans ce genre de situation' grâce à une 'bonne image prix'. 'Notre stratégie de proximité est clairement un atout en période de crise' car elle 'répond à la propension des consommateurs de ne pas prendre leur voiture pour aller en périphérie, de fractionner leurs achats', ajoute-t-il.

Sur les neuf premiers mois de l’année 2011, la croissance a été positive en Espagne, légèrement négative au Portugal et négative en France, indique le directeur général. Ce dernier constate que la concurrence est 'très forte' sur le marché français, notamment en matière de stratégie de baisse des prix. 'Nous devons absolument changer la tendance l'année prochaine en investissant en prix et en négociant mieux avec nos fournisseurs pour ne pas trop dégrader nos marges', souligne-t-il.

S’appuyer sur la croissance dans les pays émergents

A surface comparable, les ventes de Dia ont globalement augmenté de 1,5% sur les neuf premiers mois de 2011, mais ont grimpé de plus de 10% dans les marchés émergents. Le distributeur a l’intention d’accélérer son expansion dans ces pays à forte croissance. En 2012, Dia prévoit d’ouvrir entre 400 et 600 magasins prioritairement dans les pays émergents en 'Turquie, au Brésil, (…), mais aussi en Argentine et en Chine'.

Le groupe s’adapte 'aux spécificités locales: au Brésil la priorité sont les magasins d'attraction, en Chine, la proximité'. 'En Chine, nous ouvrons une centaine d'unités par an. Nous pourrions aller plus vite mais, pour l'heure, nous ne gagnons pas encore d'argent là-bas', ajoute Ricardo Curras.

Ce vendredi en fin de matinée, le titre Dia progressait de 0,28%, à 3,26 euros, à la bourse de Madrid. De son côté, la valeur Carrefour avançait de 1,30%, à 17,20 euros, dans un marché parisien en hausse de 1,09%, à 3 105 points.