Au lendemain de l’annonce d’un plan de départs volontaires de 500 à 600 personnes au sein de ses services administratifs, Carrefour a publié jeudi des résultats semestriels meilleurs qu’attendu.

Le premier distributeur européen a réalisé un chiffre d’affaires de 38,8 milliards d’euros au cours des six premier mois, en hausse de 0,9% grâce aux pays émergents (Chine, Brésil, Indonésie…). Son résultat opérationnel a en revanche été impacté par la conjoncture en Europe du Sud et ce malgré une réduction des coûts significative en Espagne. Le résultat opérationnel courant ressort à 769 millions, en baisse de 8,2%.

La perte nette a été considérablement réduite, à 31 millions d’euros, alors qu’elle culminait à 249 millions au premier semestre 2011. Sans les moins-values liées à la cession de sa filiale grecque, en juin dernier, Carrefour aurait été bénéficiaire à hauteur de 199 millions. Le groupe a par ailleurs confirmé son objectif de résultat opérationnel courant compris entre 2,03 et 2,09 milliards d'euros pour l'ensemble de l'année.

"Chasse au gaspi"


Cependant, le PDG George Plassat, intronisé fin mai, a dévoilé un « plan d’actions » afin d’améliorer la rentabilité et de relancer les hypermarchés du groupe, en perte de vitesse en France. Carrefour réalise près de 40% de ses ventes dans l’Hexagone, mais ses parts de marchés reculent depuis plusieurs années au profit des distributeurs « indépendants » (Leclerc, Intermaché, Système U…). Au premier semestre, le chiffre d’affaires du groupe en France a baissé de 0,5% à 17 milliards d’euros.

« Nous sommes compétitifs sur les prix. Le problème, c’est notre ‘image prix’ », a commenté George Plassat lors de la présentation des résultats, tout en invitant à ne « pas sacrifier la qualité au prix », notamment sur l’alimentaire et les produits frais. « Dans l'épicerie (produits en boite par ex), il faut privilégier l'efficacité au foisonnement », a-t-il ajouté. « Il faut que les prix des produits soient facilement repérés, et notamment ceux des produits repères de grandes marques. »

En ce qui concerne le non-alimentaire (électroménager, habillement, objets « bazar »), le nouveau PDG a reconnu les difficultés du groupe à lutter contre les distributeurs spécialisés. Pour autant, il n’est pas question de remettre en cause ces activités. « Un hypermarché doit rester généraliste », a-t-il martelé, appelant à une meilleure adéquation entre l’offre et la demande.

S’il souhaite faire « la chasse au gaspi », le nouvel homme fort de Carrefour n’a pas fixé d’objectif de réductions de coûts pour les trois prochaines années. « Je préfère les plans d’actions aux budgets », a-t-il expliqué, se disant « confiant » dans l’amélioration des performances commerciales et financières.

Vers 15h45, le titre Carrefour bondit de 11,3% à la Bourse de Paris, poursuivant ainsi son rebond depuis l’arrivée de George Plassat à la tête du groupe. Il avait perdu près de 40% en 2011.