Hermès déterre la hache de guerre. Le fabricant des célèbres « carrés » a confirmé mardi avoir déposé plainte, début juillet, contre son rival et deuxième plus gros actionnaire LVMH. Cette plainte « porte sur les modalités d’entrée de LVMH dans le capital d’Hermès International », en 2010, précise le groupe dans un communiqué, faisant suite à une information du journal Charlie Hebdo.

Plusieurs griefs seraient invoqués dans cette plainte, parmi lesquels le délit d'initié et la complicité, ainsi que la manipulation de cours. « C'est la suite logique des interrogations du groupe sur les conditions d'entrée de LVMH à son capital », a expliqué une porte-parole d'Hermès à l’agence Reuters.

LVMH avait fait irruption au capital d'Hermès en octobre 2010 à la surprise générale, annonçant d’emblée une participation de 17%. Cette opération s'était faite sans déclaration de franchissement de seuils, LVMH ayant eu recours à des produits financiers sophistiqués. L'AMF avait ouvert une enquête sur cette prise de participation, qui est toujours en cours.

Le géant du luxe a depuis procédé à d’autres rachats de titres Hermès pour détenir, à fin mai 2012, une participation de 22,28%. L’essentiel du capital – plus de 70%- reste cependant aux mains des héritiers du fondateur, Emile Hermès. En 2011, ces derniers ont constitué une holding regroupant 50,2% du capital qu’ils souhaitent immobiliser pour 20 ans, afin qu’aucun investisseur étranger à la famille ne puisse prendre le contrôle du groupe. La « guerre est finie » avait d’ailleurs déclaré Bertrand Puech, le petit-fils du fondateur, en référence à LVMH. Apparemment, tout le monde chez Hermès ne voit pas les choses ainsi. La plainte déposée le 10 juillet est toujours "à l'étude" au Parquet de Paris, d'après l'AFP.

Vers 15h10, le titre Hermès est quasi stable (+0,09%) sur un marché parisien en repli de 0,8%. LVMH ne cède que 0,6%