La crise est-elle en train de rattraper le secteur du luxe ? Après un début d’année étincelant, les choses semblent se compliquer pour LVMH et consorts qui doivent affronter un marché européen déprimé par la crise de la dette et un ralentissement sans précédent de la croissance chinoise.

Si le français Hermès s’était montré confiant cet été, tel n’est pas le cas de Burberry qui a lancé ce mardi un avertissement sur ses résultats annuels en raison d’un tassement de ses ventes. « Comme nous l'avons dit en juillet, l'environnement extérieur pose des défis de plus en plus importants. Dans ce contexte, les ventes au détail du deuxième trimestre ont ralenti par rapport à des comparatifs historiquement élevés », indique le groupe dans un communiqué.
Les ventes au détail du groupe ont augmenté de 6% en juillet-août, mais cette hausse est due à l’ouverture de nouveaux espaces commerciaux : à périmètre constant, la croissance a été nulle.

Violente réaction boursière

En outre, le groupe a constaté une ‘décélération’ ces dernières semaines. Par conséquent, Burberry annonce que son bénéfice avant impôt sur l’ensemble de l’exercice (2012-2013) se situera dans le bas de la fourchette prévue par les analystes, soit environ 407 millions de livres (contre un consensus de 431 millions). Plusieurs analystes ont dégradé leur recommandation suite à cette annonce et le titre chute de 21% vers 16h00 sur le London Stock Exchange.

A la bourse de Paris, LVMH et PPR cèdent respectivement 4,2% et 3,7%. Contrairement à Burberry, les deux groupes s’étaient montrés confiants en juillet lors de la publication de leurs résultats semestriels, au demeurant en forte hausse. « Le ralentissement de la croissance (de Burberry) est certes dû à un environnement plus difficile, mais la dynamique de la marque semble nettement se dégrader depuis plusieurs mois comparé à certains de ses concurrents », commente dans une note le bureau Aurel-BGC. Cependant, les analystes risquent de revoir leurs estimations pour l’ensemble du secteur.