Un conseil d’administration de PPR pourrait décider mardi du sort de la Fnac, la chaîne de magasins présente en France et dans une demi-douzaine de pays européens. Considérée comme un actif non stratégique par le groupe de François-Henri Pinault, qui l’avait achetée en 1996, la Fnac pourrait faire l’objet d’une introduction en bourse vers le milieu de l’année prochaine, indique le Figaro, confirmant une information du Journal du Dimanche.

Contrairement à ce qui était envisagé jusqu’à présent, à savoir une vente de l’entreprise à un fonds d’investissement ou à un autre groupe de distribution, la décision soumise au vote des administrateurs portera sur un « spin off », autrement dit une scission suivie d’une introduction en bourse, précisent Les Echos, « sur le modèle de ce que les actionnaires de Carrefour ont réalisé il y a quelques mois avec le hard-discounter Dia ».

PPR devra pour cela obtenir de ses actionnaires lors de la prochaine assemblée générale, prévue en mai 2013. D’ici là, le groupe espère se séparer d’autres enseignes de distribution, parmi lesquelles la Redoute et les marques de vêtements d’enfants Cyrillus et Vertbaudet. L’objectif de PPR est en effet de se recentrer sur deux pôles : l’un dédié au luxe (Gucci, Bottega Veneta, Yves Saint Laurent…), l’autre au « Sport&Lifestyle » (Puma, Volcom…), qu’il considère comme les plus porteurs actuellement.

Ventes en baisse


La Fnac souffre depuis plusieurs années de résultats en baisse dus notamment à la chute des ventes de CD/DVD et à la concurrence des portails de vente en ligne. Son PDG Alexandre Bompard, arrivé il y a dix-huit mois, a entamé un repositionnement stratégique en s’associant avec SFR dans la téléphonie mobile et en diversifiant l’offre de produits (espaces « kids », « maison&design »). Même si ces actions ont permis d’enrayer la baisse du chiffre d’affaires, l’enseigne a enregistré une perte nette de 8 millions au premier semestre.

Ce matin, les analystes se montrent réservés sur le projet d’introduction en Bourse. « A vrai dire, PPR a peut-être retenu la solution d'une introduction en Bourse parce qu'il n'a pas réussi à trouver un acquéreur pour l'enseigne, dont la rentabilité dépasse à peine les 1,5% », commente par exemple Bryan Garnier. « Une introduction en Bourse de la Fnac dans le contexte actuel ferait ressortir une faible valorisation, autour de 500 millions d'euros seulement selon nos estimations », ajoute Aurel BGC qui rappelle que le distributeur est engagé dans un vaste plan d’économies.

Aurel souligne cependant que PPR a déjà utilisé le moyen d'une introduction en Bourse pour se séparer de CFAO, son ancienne filiale spécialisé dans la distribution automobile et pharmaceutique en Afrique. Cette opération est aujourd’hui considérée comme un succès.

Vers 12h15, le titre PPR s’adjuge 2,5% à la Bourse de Paris, sur un marché en baisse de 1,2%.