Le Printemps, actuellement détenu à 70% par la Deutsche Bank, va changer de propriétaire. Le groupe financier italien Borletti, lui-même actionnaire à hauteur de 30% et qui voulait s’associer à des investisseurs qataris pour racheter l’ensemble du groupe de grands magasins, va s’effacer au profit de ces fameux investisseurs qataris.

D’après des documents obtenus par l’AFP, un fonds luxembourgeois « regroupant des investisseurs qataris » a fait une offre sur la participation majoritaire de Deutsche Bank. Ce fonds, baptisé Disa, rachèterait également la société Borletti qui détient le solde du Printemps.

Le montant de l’offre n’est pas spécifié dans le document. Le Printemps suscite de longue date la convoitise de son grand rival, le groupe Galaries Lafayette. Déjà candidates au rachat en 2006, les Galeries avaient été coiffées au poteau par Borletti et Rreef (le fonds immobilier de Deutsche Bank) qui avaient racheté les grands magasins à PPR pour 1,2 milliard d'euros.

Depuis, le chiffre d’affaires du Printemps a bondi de 30% (1,45 milliard d'euros en 2011) et son résultat opérationnel a doublé. Le groupe possède 16 magasins en France dont le principal est situé sur les grands boulevards parisiens, juste à côté des Galeries Lafayette.

Les Galeries Lafayette avaient d'ailleurs elles aussi pris contact avec les Qataris lors d'une nouvelle tentative fin 2012.  Leur offre de 1,8 milliard d'euros avait été rejetée. Deux mois plus tard, lorsque le groupe Borletti a annoncé être en discussions exclusives avec Deutsche Bank pour le rachat de sa particapation, le président des Galaries Philippe Houzé a mené une vaste campagne auprès des pouvoirs publics français pour promouvoir une alliance entre les deux grands rivaux du boulevard Haussmann. En vain, apparemment.