Le patron de LVMH, le milliardaire français Bernard Arnault, a renoncé à demander la nationalité belge, sept mois après avoir suscité avec cette démarche un tollé, en plein débat sur la taxation et l'exil fiscal des plus fortunés.

« J'ai sous-estimé l'impact de cette démarche, dont on m'avait assuré, par ailleurs, qu'elle se ferait dans la plus grande discrétion. J'ai à plusieurs reprises expliqué que je resterais résident en France et que je continuerais d'y payer mes impôts. En vain: le message n'est pas passé. Aujourd'hui, j'ai décidé de lever toute équivoque. Je retire ma demande de nationalité belge », a-t-il déclaré dans une interview au Monde. M. Arnault, 64 ans, reconnaît avoir pensé à tort « que la polémique allait se calmer ». Il ne veut plus qu'on le soupçonne « d'exil fiscal » et juge que l'affaire « pouvait avoir une incidence pour l'image » de LVMH, numéro un mondial du luxe.

Lorsque la demande a été révélée en septembre 2012, M. Arnault a essuyé une tempête médiatique et politique, en France et en Belgique, ciblé notamment par un "Casse-toi riche con" en Une de Libération. M. Arnault redit aujourd'hui n'avoir jamais souhaité quitter la France ni échapper à l'impôt. Il explique que sa démarche était patrimoniale, pour que ses enfants ne puissent pas défaire l'oeuvre qu'il a construite, s'ils "devaient ne pas s'entendre" après sa mort. L'homme concède avoir transféré vers cette fondation ses actions LVMH, mais, dit-il, cela n'aura "aucune incidence" sur les impôts payés par le groupe en France ou sur les droits de succession de ses héritiers.

Sa demande avait reçu deux avis négatifs du Parquet de Bruxelles mais la décision définitive devait être prise par une commission parlementaire, en mai.