Huit millions d’euros : c’est l’amende la plus importante jamais prononcée par l’Autorité des marchés financiers (AMF). Elle concerne le numéro un mondial du luxe, LVMH, qui aurait sciemment masqué « toutes les étapes de sa prise de participation » au capital d’Hermès, le célèbre fabricant des carrés de soie et autre sacs Kelly.

LVMH avait annoncé en octobre 2010 détenir 17% du capital de la société de la rue du Faubourg Saint-Honoré grâce à la conversion en actions de produit financiers complexes (equity swaps). Le groupe n’avait pas jugé nécessaire de déclarer les franchissements de seuils réglementaires (5%, 10%). Ce faisant, il a manqué à ses « obligations d’information du public », juge l’AMF. « Le « contournement de l'ensemble des règles destinées à garantir la transparence indispensable au bon fonctionnement du marché doit être sanctionné à la hauteur des perturbations qu'il a provoquées », ajoute-t-elle.

Pour LVMH, qui a toujours affirmé que son intention n’était pas de prendre le contrôle d’Hermès, « le principe même de la sanction et, plus encore, le montant de celle-ci » sont « totalement injustifiés ». Le groupe a annoncé dans un communiqué qu’il contestait « fermement » tout manquement d'information au marché et comptait rétablir « la réalité des faits » devant la cour d'appel de Paris.

L’affaire est en effet loin d’être terminée puisqu’Hermès vient d’assigner LVMH devant le tribunal de commerce de Paris pour obtenir l’annulation des equity swaps qui ont permis au groupe de Bernard Arnault d’acquérir une part importante du capital. Pour Hermès, LVMH doit se désengager pour permettre au titre, dont le flottant est aujourd’hui inférieur à 2%, de revenir dans le radar des investisseurs.