Pernod-Ricard a vu ses ventes et son bénéfice progresser au cours de son exercice 2012-2013 clos fin juin, malgré la crise économique en Europe et le ralentissement de la croissance chinoise. Le numéro deux mondial des vins et spiritueux a réalisé un chiffre d’affaires de 8,57 milliards d’euros, en hausse de 4% par rapport à l’exercice précédent ; son bénéfice net a suivi la même progression à 1,2 milliard.

« Les moteurs habituels de la croissance sont restés les mêmes »: les marques stratégiques (le cognac Martell et le whisky Jameson en tête) et les pays émergents, a commenté à l'AFP Gilles Bogaert, directeur général adjoint en charge des finances. Toutefois les ventes du groupe ont nettement décéléré en Chine, en particulier au second semestre. On peut y voir la conséquence des la nouvelle politique du gouvernement chinois en matière de lutte contre la corruption : celle-ci passe par l’interdiction des campagnes publicitaires jugées trop « ostentatoires » en faveur des produits de luxe et la remise en cause d’un certain nombre de pratiques comme l’échange de cadeaux (alcool, tabac, montres) dans les relations d’affaires. Pernod-Ricard prévoit d’ailleurs une baisse de ses ventes dans l'Empire du Milieu cette année en raison d'une base de comparaison "très défavorable", avant une amélioration à partir du prochain Nouvel An chinois.

Cela n’inquiète pas outre mesure le groupe qui se dit « confiant » dans sa capacité à faire croître encore son chiffre d'affaires en 2013-2014. « Notre exposition mondiale équilibrée entre marchés émergents et matures (ndlr : 60% du CA sont réalisés en Europe et aux Etats-Unis, le reste dans les pays émergents) nous permet de tirer parti de toutes les opportunités. Nous restons donc confiants dans notre capacité à poursuivre notre croissance », a commenté Pierre Pringuet, le directeur général du groupe, cité dans un communiqué. Il juge la situation « difficile en Europe de l'Ouest mais en voie d'amélioration » et table sur « la poursuite d'une bonne croissance aux Etats-Unis ». Quant aux marchés émergents, ils s’annoncent « toujours en croissance soutenue mais à un rythme moins élevé et avec des différences de tendances entre les pays ».

Malgré tout, le groupe se montre prudent. Il n’envisage que des acquisitions ciblées, de préférence aux États-Unis ou dans les pays émergents, excluant ainsi tout rachat d’envergure en Europe (Rémy Cointreau par exemple). Il n’a fourni aucune indication chiffrée sur ses objectifs de chiffre d’affaires ou de marge.

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