LVMH paiera bien l’amende de 8 millions d’euros que lui a infligé l’Autorité des marchés financiers (AMF) suite à sa prise de participation dans Hermès. Le groupe a renoncé à faire appel de cette décision qu’il continue cependant à contester sur le fond.

« L’intérêt des actionnaires de LVMH ne saurait se réduire à la seule défense des grands principes du droit. Doivent également être pris en compte la durée et le coût prévisibles des recours successifs et, plus encore, le fait que la poursuite de telles procédures ne manquerait pas d’entraver la saine gestion de la participation du Groupe LVMH dans Hermès », explique le groupe dans un communiqué. Par conséquent « LVMH n’interjettera pas appel de la décision rendue par la Commission des sanctions de l’AMF le 25 juin 2013 ».

La décision prise par l’AMF concerne des faits remontant à 2010. Cette année-là, LVMH a acheté des actions Hermès grâce à la conversion en titres de produits financiers complexes, des equity swaps. Le montant de cette prise de participation, dévoilé en octobre 2010, avait surpris par son ampleur : du jour au lendemain, Hermès apprenait que 17% de son capital était aux mains de LVMH.

Pour l’AMF, cette manœuvre n’était pas légale au regard du devoir d’information du public qui incombe à toute société cotée. « L’AMF a expressément confirmé, tout au long de la procédure, que LVMH n’avait commis, lors de son entrée au capital d’Hermès, ni manquement à la réglementation sur les franchissements de seuil, ni délit d’initié, ni manipulation de cours. Le seul grief retenu par l’AMF contre LVMH concernait, mises à part les écritures comptables dont l’AMF a précisé qu’elles n’avaient en rien altéré les comptes de LVMH, le fait d’avoir déclaré la modification des Equity Swaps Hermès en Octobre 2010 alors que, pour l’AMF, cette déclaration aurait dû être faite dès Juin 2010 », se défend LVMH dans son communiqué.

En renonçant à faire appel, le groupe espère mettre « un point final » à la procédure engagée par l’AMF. Il lui restera cependant à se défendre devant le tribunal de commerce de Paris, où il a été assigné en juin par Hermès. La famille Hermès entend faire annuler les fameux equity swaps qui ont permis à LVMH de se faire une place au capital. Cela, le numéro un mondial du luxe n’est pas prêt à l’accepter.

Vers 14h50, le titre LVMH cède 1,8% à la Bourse de Paris, sur un marché en baisse de 1,2%.