L’Oréal soigne ses actionnaires. Le numéro un mondial des cosmétiques a annoncé mardi une hausse de son dividende au titre de l’exercice écoulé, à 2,5 euros, ainsi que le rachat de 48,5 millions de ses propres actions (8% du capital) à Nestlé. « Cette opération constituera une étape stratégique très positive pour L'Oréal, ses collaborateurs et ses actionnaires. L'Oréal bénéficiera de la participation très significative de la famille fondatrice Bettencourt Meyers qui se trouvera encore renforcée et dont l'engagement envers l'entreprise est à la fois historique et entier (…) Tous les actionnaires de L'Oréal bénéficieront de cette opération grâce à la relution du BNPA résultant du rachat et de l'annulation des actions L'Oréal détenues par Nestlé », a indiqué le PDG du groupe français, Jean-Paul Agon, dans un communiqué.

Des rumeurs d’un désengagement de Nestlé avaient circulé ces derniers jours. Le suisse détient actuellement 29,5% de L’Oréal et constitue son deuxième plus gros actionnaire derrière la famille Bettencourt. « Nestlé continuera d'apporter son appui au développement de l'entreprise à laquelle il est associé depuis 40 ans », indique le groupe veveysan, précisant agir « de concert » avec la famille Bettencourt.
Le titre, qui a pris de plus de 4% lundi en raison des rumeurs de rachat, cède 2,6% ce mardi en fin de matinée. Certains investisseurs sont déçus que L’Oréal ne rachète pas la totalité de la participation de Nestlé.

Rentabilité record en 2013

Mais le groupe français n’a pas voulu grever sa trésorerie – 2,2 milliards d’euros à fin 2013 - en se lançant dans une opération à 22 milliards (prix estimé des 29,5% de Nestlé). Le rachat de 8% correspond à une dépense de six milliards d’euros dont environ la moitié sera financée par la cession à Nestlé d’une participation dans le laboratoire pharmaceutique suisse de dermatologie Galderma. « L'opération aura un effet relutif de plus de 5% en année pleine sur le BNPA courant de L'Oréal. Ce rachat sera financé exclusivement avec les disponibilités de L'Oréal et à travers l'émission de billets de trésorerie à court terme et ne nécessitera donc pas de recourir à la cession de titres Sanofi », dont L’Oréal est actionnaire à hauteur de 9%, précise le groupe. 

Cette prudence sera certainement appréciée par les analystes tout comme les résultats annuels du groupe. L’Oréal a un chiffre d’affaires de 23 milliards d’euros en 2013, en hausse de 5% à taux de change constants. Le numéro un mondial des cosmétiques a « renforcé ses positions dans toutes les divisions et toutes les zones géographiques » et constate «une accélération de (la) surperformance par rapport au marché ». Son bénéfice net, en hausse de 3,2% à près de 3 milliards d’euros, témoigne d’une rentabilité « record ». En guise de perspectives Jean-Paul Agon s’est dit confiant de réaliser une nouvelle année de croissance du chiffre d’affaires et des bénéfices en 2014 « malgré les incertitudes notamment au plan monétaire ». La direction e proposera à l’assemblée générale des actionnaires du 17 avril 2014 le versement d’un dividende de 2,50 euros par action en hausse de 8,7 % par rapport à 2013.