Carrefour a annoncé mardi son retrait d’Inde, où il était implanté depuis 2010 dans le commerce de gros. « La clôture des activités de Carrefour en Inde sera effective fin septembre 2014 » avec la fermeture de ses cinq magasins « cash & carry », a annoncé le groupe dans un communiqué.

Ces magasins où viennent s’approvisionner des collectivités et des petits commerçants ne génèrent qu’une part infime du chiffre d’affaires du groupe, souligne le courtier CM-CIC, estimant qu’il s’agit là d’une décision logique.
Carrefour s’est déjà retiré ces dernières années d’autres marchés où il n’avait pas la taille suffisante pour jouer les premiers rôles, notamment en Grèce, en Colombie, en Indonésie ou en Malaise.

Le retrait d’Inde, évoqué depuis plusieurs mois, pourrait avoir été précipité par la victoire du parti nationaliste hindou (BJP) aux dernières élections législatives. Ce dernier a en effet clairement pris position contre l’ouverture du marché de la distribution aux investisseurs étrangers entamée par le précédent gouvernement. Cette ouverture était pourtant assortie de conditions très strictes comme l’obligation de se fournir auprès de PME indiennes, d’investir un montant minimum et surtout d’entamer des négociations avec chaque Etat (région) pour l’implantation. « L’ouverture espérée de la grande distribution indienne aux opérateurs étrangers ne s’est jamais matérialisée », note CM-CIC.

Cependant les concurrents de Carrefour ne semblent pas vouloir abandonner ce marché de 1,3 milliard d’habitants. Le britannique Tesco a annoncé en mars la création d’une coentreprise avec l’indien Tata, devenant ainsi le premier distributeur d’envergure mondiale à s’implanter sur le marché indien du commerce de détail. Le numéro un mondial Walmart mise quant à lui sur l’e-commerce pour percer ce marché. Pour Sourindra Banerjee, professeur assistant de Marketing à la Warwick Business School, le retrait de Carrefour d’Inde est moins lié au contexte politique qu’à une volonté du groupe de se recentrer sur ses marchés les plus rentables. Quitte à se priver de gisements de croissance future.

Vers 16h25, le titre cède 0,7% sur un marché en baisse de 1,2%.