LVMH est lanterne rouge du CAC 40 ce jeudi et entraîne avec lui l’ensemble du secteur du luxe. Les chiffres publiés par le numéro un mondial sont pourtant loin d’être catastrophiques. Au premier semestre, son chiffre d’affaires a progressé de 3% à 14 milliards d’euros pour un bénéfice net en baisse de 4% à 1,57 milliard. Ce repli du bénéfice est à mettre sur le compte d’un effet de change « très négatif » lié à la baisse de nombreuses devises depuis un an face à l’euro.

Le groupe souligne cependant sa « résistance » à ce climat d’incertitudes économiques et monétaires et dit vouloir poursuivre son expansion géographique ainsi que ses gains de parts de marché. Il peut compter pour cela sur sa division Mode et Maroquinerie (Louis Vuitton, Fendi, Céline, Loro Piana), principal contributrice aux résultats, dont les ventes ont progressé de 4% au premier semestre à périmètre et change constants. Les parfums et cosmétiques ont également soutenu la croissance, avec des ventes en hausse de 6%, de même que la distribution sélective (Sephora, DFS), +9%. En revanche les ventes de Vins&Spiritueux (Henessy, Moët & Chandon,…) ont reculé de 1% pour un bénéfice opérationnel en berne : -15%. « Cette évolution s’explique essentiellement par la performance du cognac en Chine liée au déstockage de la distribution qui s’est poursuivi au deuxième trimestre », souligne le groupe.

La Chine et l’Europe sont les deux principaux points d’interrogations du numéro un mondial du luxe qui, comme à son habitude, ne fournit pas de prévisions chiffrées pour le reste de l’année. « LVMH n'a guère habitué le marché a des publications si nettement inférieures aux attentes », commentent les analystes de JP Morgan dans une note, abaissant de 5% leurs estimations de résultats pour 2014 et de 4% celles de 2015. « LVMH n'a plus droit à l'erreur », estime pour sa part Oddo dont les estimations ont également été revues à la baisse.

Vers 15h15, le titre cède 6,2% sur un marché parisien en baisse de 0,9%. Il avait surperformé le secteur du luxe après ses résultats annuels publiés fin janvier, après une forte sous-performance en 2013 (-5%, contre une hausse de 15% pour le secteur en moyenne).