Une fois de plus Hermès défie les lois de l’apesanteur. Alors qu’un afflux de titres sur le marché pèse en général sur le cours d’une action, voici que le sellier gagne 6% mercredi à la bourse de Paris, signant la plus forte hausse du SBF 120.
Vers 12h20 le titre s’échange à 293 euros, plus très loin de son record de 304 euros atteint le 9 décembre. Suite à un accord passé avec LVMH, ce dernier a distribué ce matin sa participation de 23,2% dans Hermès à ses propres actionnaires, à raison de deux titres Hermès pour 41 titres LVMH détenus. Concrètement le flottant d'Hermès vient ainsi de tripler, à 21,4%.

Cette liquidité semble susciter un regain d’intérêt pour le groupe de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Plusieurs analystes avaient d’ailleurs relevé leur recommandation ces dernières semaines. « Opérationnellement, Hermès reste une référence sur le luxe. (C'est) la seule société cotée du secteur à présenter un profil de croissance aussi défensif qui contribue à rendre le titre cher et assure une stabilité à la croissance des BNA (bénéfices nets par action) dans le temps », expliquait le courtier Oddo dans une note publiée au début du mois. Même son de cloche chez Natixis qui anticipe le versement d’un dividende exceptionnel, compte tenu de la trésorerie abondante du groupe. Tous deux sont à l’achat sur le titre, avec un objectif de cours de 330 euros.

A l’inverse, Société Générale conseille aux actionnaires de prendre leurs bénéfices. « La valorisation, quoique soutenue par des paramètres financiers plus élevés que la moyenne du secteur, est revenue à des niveaux nettement supérieurs à notre objectif de cours » souligne le bureau d’études. Le titre se traite en effet à plus de 30 fois les bénéfices attendus pour 2015, contre une moyenne de 20 pour le secteur. Même si la croissance organique d’Hermès est très supérieure à celle de ses concurrents - 11,7% sur le neuf premiers mois de l’année contre seulement 4% pour LVMH – elle est freinée par la baisse des flux touristiques vers Hong Kong et plus généralement par le ralentissement de la demande asiatique. De même la crise monétaire en Russie incite à la prudence.