La porte s’est refermée malgré un accueil plutôt chaleureux au départ. Kingfischer, numéro un européen des magasins de bricolage et déjà propriétaire de Castorama et Brico Dépôt en France, était entré l'an dernier en négociations exclusives avec Mr Bricolage. Ensemble, ils devaient former le numéro un français du secteur devant Adeo, la maison mère de Leroy Merlin.

Mais le projet a été remis en cause la semaine dernière par la majorité du conseil d'administration de Mr Bricolage et premier actionnaire, l'ANPF. Ce réseau de franchisés qui détient 42% du capital du groupe a estimé que les cessions de magasins envisagées par Kingfischer pour pouvoir obtenir le feu vert de l’Autorité de la concurrence n’étaient « pas compatibles avec les fondamentaux du projet ».
Selon une source proche du dossier citée par l’agence Reuters, environ 60 magasins étaient menacés sur un total de 797 (en franchise pour l'essentiel), un chiffre supérieur à ce qui était anticipé dans le camp français au début des négociations. « Sans l'accord de Mr. Bricolage (...), il ne peut pas y avoir de feu vert des autorités de la concurrence à la finalisation de l'opération », avait indiqué Kingfischer jeudi. Compte tenu refus de l’ANPF de prolonger les discussions au-delà du 31 mars, la transaction ne peut pas se conclure.

Reprise de cotation mardi

Le conseil d'administration de Mr Bricolage a pris acte de l'échec du projet de rapprochement et indiqué que le titre, suspendu depuis une semaine, reprendrait sa cotation mardi à l’ouverture des marchés. « J'ai personnellement voulu et défendu ce rapprochement avec Kingfisher, qui avait tout son sens sur la base du projet envisagé ensemble. Notre avenir est entre nos mains et je suis certain que nous saurons transformer cette déception en succès », a commenté le PDG du groupe, Jean François Boucher. De son côté Kingfischer indique qu’il envisage « toutes les options » après cet échec. L’accord conclu l’année dernière prévoyait un prix d’achat de 15 euros par action, valorisant la société à 275 millions d’euros. Outre le management du groupe, Kingfischer s’était assuré le soutien de la famille Tabur, deuxième actionnaire avec 26,2% du capital.