Evoquée au cours du week-end dans la presse belge, la rumeur d’un rapprochement entre les chaînes de supermarchés Ahold et Delhaize est relayée lundi par l’agence Reuters qui cite une source proche du dossier. Les discussions n’en seraient toutefois qu’à un stade préliminaire. « Ils se jaugent, explorent les options mais c'est le tout début », indique cette source.

Les deux groupes avaient déjà eu des discussions avancées en 2006 et 2007 qui n’avaient pas abouti. La proximité géographique est le principal argument en faveur d'un mariage. Les deux concurrents sont enracinés au Benelux mais réalisent l'essentiel de leur chiffre d'affaires sur la côte est des Etats-Unis, via Food Lion pour Delhaize et les chaînes Stop & Shop et Giant pour Ahold. Ils sont également présents en Europe centrale et orientale. « Un rapprochement permettrait au nouvel ensemble de devenir leader devant Colruyt en Belgique alors que chacun des deux groupes est très présent aux Etats-Unis », souligne le courtier Aurel BGC. Mais d’autres se montrent sceptiques. « Nous avons du mal à nous souvenir d'une grande fusion manifestement réussie dans les supermarchés », écrivent les analystes de Bernstein.

Le groupe qui naîtrait d’un rapprochement entre les deux distributeurs afficherait un chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros et une capitalisation boursière d’environ 25 milliards. A titre de comparaison Carrefour, premier distributeur européen, a réalisé un chiffre d’affaires de 84 milliards d’euros en 2014 pour une capitalisation boursière actuellement de 22,5 milliards. Reste à savoir si les actionnaires familiaux de Delhaize (environ 20% du capital) sont disposés à céder leurs parts dans ce qui prendrait certainement la forme d’une offre de rachat d’Ahold sur son concurrent belge.

Vers 14h, le titre Delhaize flambe de 15% à la bourse de Bruxelles tandis qu’Ahold prend 6,6% à Amsterdam sur des marchés en hausse de respectivement 0,8% et 0,2%.