Deux représentants de l’art de vivre français ont livré des aperçus contrastés du marché du luxe ce mardi. Rémy Cointreau tout d’abord a vu sa croissance organique fortement reculer au premier trimestre de son exercice décalé (avril-juin) plombée par une nouvelle baisse de ses ventes de cognac en Chine et un fort recul de ses liqueurs en Grèce et en Europe de l'Est. Le chiffre d'affaires du propriétaire du cognac Rémy Martin, de la liqueur Cointreau et du rhum Mount Gay ressort en baisse de 9% à taux de change et périmètre constants, à 223,3 millions d'euros. « Ce repli s’explique par une conjonction de facteurs techniques (comparables élevés sur Cointreau aux Etats-Unis, calendrier des fêtes de Pâques, changements de distributeurs dans certains marchés) et macro-économiques (Russie, Grèce) », indique le groupe dans un communiqué.

Cependant il se montre confiant pour le reste de l’exercice, au vu de « l’amélioration des tendances de consommation en Europe de l’Ouest » et d’une demande toujours soutenue aux Etats-Unis. « Au terme de ce premier trimestre — conforme aux prévisions du groupe — Rémy Cointreau confirme son objectif d’une croissance de son résultat opérationnel courant sur l’exercice 2015-16, à devises et périmètre constants ». Les investisseurs ne cachent pas leur légère déception : vers 12h le titre recule de 2,3% sur un marché parisien à l’équilibre.

Hermès de son côté n’en finit pas de surprendre. Le groupe a vu sa croissance s’accélérer au deuxième trimestre et réalise un chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros sur l’ensemble du premier semestre (+21% en données publiées, +9% à taux de change constants). Profitant des nouveaux flux touristiques chinois vers le Japon, le sellier a vu ses ventes grimper de 26,5% dans ce pays, tandis qu'elles ont ralenti à +6% en Asie hors Japon. Les tendances restent solides en Europe et aux Etats-Unis, avec des progressions respectives de 9% et 10,9%, à taux de change constants.

« Malgré les incertitudes économiques, géopolitiques, et monétaires dans le monde », le groupe confirme son objectif d’une croissance organique « de l’ordre de 8% » cette année et à moyen terme. Cependant, en raison de l’affaiblissement de l’euro, la rentabilité opérationnelle devrait être en léger retrait au premier semestre par rapport à la même période de 2014, ajoute-t-il. Le titre s’adjuge 1%.