Vivendi s'invite au tour de table de la Fnac. Le groupe dirigé par Vincent Bolloré va devenir le deuxième actionnaire de la chaîne de distribution de produits culturels et de loisirs. Il s'est engagé à souscrire à une augmentation de capital réservée d’un montant de 159 millions d'euros à un prix de 54 € par action, soit le cours de clôture de Fnac du 8 avril. A l’issue de l’augmentation de capital, Vivendi détiendra environ 15% du capital et des droits de vote de Fnac, précisent les deux groupes dans un communiqué. L'opération doit être approuvée par l'assemblée générale des actionnaires de la Fnac prévue le 29 mai.

Elle vise à "doter Fnac de moyens supplémentaires pour mettre en œuvre ses plans de développement et de croissance externe". Autrement dit cette augmentation de capital pourrait permettre au groupe de surenchérir dans son bras de fer avec Conforama pour le rachat de Darty. Le groupe sud-africain Steinhoff, propriétaire de Conforama, propose 863 millions d'euros en numéraire, contre 859 millions pour la Fnac. Les dirigeants de Darty ont apporté leur soutien à l'offre la mieux-disante.

Amazon à la française

“Nous pensons que l'acquisition de Darty est une priorité pour la Fnac et qu'il est probable que Vivendi apporte son soutien financier et qu'il joue ainsi le rôle de chevalier blanc", soulignaient ce matin les analystes d'Oddo. L'objectif est de créer un leader de la distribution de produits techniques, culturels et électro-ménagers, sorte d'"Amazon à la française", selon eux. Vivendi de son côté entend profiter du réseau de magasins de la Fnac pour diffuser ses contenus culturels et souhaite accélérer le développement de la chaîne à l’international notamment en Europe du Sud et en Afrique". Le groupe disposera de deux sièges au conseil d'administration afin de peser sur les orientations stratégiques. Oddo craint cependant que cette prise de participation "ne pèse (une nouvelle fois) sur la clarté de la stratégie de Vivendi et qu'elle ait un impact sur sa décote de holding".

Vers 11h30 le titre Groupe Fnac gagne 6,3% sur le marché parisien, tandis que Vivendi recule de 0,5%.