La méthode est éprouvée. Après avoir acheté pour 3 milliards de dollars d'actions Nestlé, le fonds activiste américain Thirdpoint va tenter d'imposer une feuille de route au nouveau patron du groupe suisse. Il est déjà parvenu à relancer l'intérêt des investisseurs pour le titre du géant agro-alimentaire, dont le titre progresse ce lundi de 4,3% et entraîne avec lui les français Danone (+2,2%) et L'Oréal (+4%).

Parmi les propositions de Thirdpoint pour rentabiliser son investissement, le fonds suggère la vente de la participation de Nestlé dans L'Oréal. Cette participation (23% du capital) vaut aujourd'hui plus de 25 milliards de dollars, soit environ 10 % de la capitalisation boursière de Nestlé. Elle n'est pas stratégique et le moment serait opportun pour une cession, estime le fonds. "Les actionnaires devraient être libres de décider s'ils veulent investir dans Nestlé ou dans une sorte de combinaison de Nestlé et L'Oréal" souligne-t-il.

Les spéculations autour d'une cession de la participation de Nestlé dans L'Oréal ressurgissent régulièrement depuis la fin du pacte d'actionnaires qui liait le groupe suisse et la famille Bettencourt, principal actionnaire de L'Oréal. Une cession dégagerait une belle plus-value pour Nestlé et du cash pour financer un programme de rachat d'actions. Quant à L'Oréal, il pourrait en profiter pour racheter ses propres actions, comme il l'a fait en 2014 pour 8% du capital (cédés par Nestlé), avec là-aussi un impact positif sur le cours.

Reste à savoir si Nestlé voudra solder cette participation qui s'est avéré un très bon placement depuis 40 ans. Depuis la fin du pacte d'actionnaires, il y a trois ans, le titre L'Oréal s'est apprécié de près de 50% tandis que celui de Nestlé n'a pris "que" 20%. A l'époque le groupe affirmait vouloir rester un actionnaire de long terme de L'Oréal.

S'il optait néanmoins pour une cession, Nestlé pourrait utiliser une partie du produit de l'opération pour de petites acquisitions ciblées, selon Thirdpoint. Parmi les cibles potentielles figure la branche nutrition médiale de Danone, auquel le groupe s'était intéressé en 2014 avant que le français décide de conserver cette activité. Le nouveau patron de Nestlé, Ulf Mark Schneider, en provenance du spécialiste de la santé Fresenius, s'y était d'ailleurs intéressé et connaît donc bien le dossier. C'est ce qui explique la hausse du titre Danone au milieu de ces spéculations.