Grosse sanction boursière pour Carrefour. Le titre du distributeur chute de plus de 10% jeudi après la publication de résultats semestriels en berne, plombés notamment par les contreperformances du groupe en France.

Sur les sept premiers mois de 2017, sa part de marché a reculé à 20,6% dans l'Hexagone (contre 21,1% pour la même période de 2016), derrière son grand concurrent Leclerc, qui a vu la sienne grimper à 21,2%, selon Kantar WorldPanel. Face à cette érosion le groupe s'est lancé dans des baisses de prix et des promotions massives qui lui ont permis de renouer avec la croissance dans ses hypermarchés au deuxième trimestre mais qui ont lourdement pesé sur sa rentabilité.

Son résultat opérationnel a ainsi reculé de 36% en France et de 25% en Europe, en raison notamment des coûts de transformation et d'intégration des magasins Eroski en Espagne et Billa en Roumanie. L'amélioration des performances en Chine et au Brésil ne suffit pas à compenser cette chute et le résultat opérationnel du groupe ressort en baisse de 12% (21% à taux de change constants), à 621
millions d'euros, contre 666 millions attendus par les analystes.

"Nous pensions que les résultats du S1 permettraient d'escompter une amélioration du profil bénéficiaire au S2. Que nenni, puisqu'en l'occurrence les tendances du S1 devraient être reconduites sur l'ensemble de l'année", commente Invest Securities dans une note. Carrefour table en effet sur une baisse de 12% de son résultat opérationnel cette année, à 2,07 milliards d'euros, très loin des 2,4 milliards estimés jusqu'à présent par les analystes. Le groupe a par ailleurs revu à la baisse sa fourchette de croissance des ventes, entre 2 et 4% contre 3-4% précédemment.

Prenant brièvement la parole lors d'une conférence téléphonique avec les analystes, le nouveau PDG Alexandre Bompard s'est dit conscient de "l'ampleur et de la difficulté de la tâche à accomplir" tout en promettant d'améliorer les performances opérationnelles d'un groupe qui "dispose d'un énorme potentiel, de très solides actifs et d'une structure financière saine". Tout en annonçant un plan d'action "avant la fin de l'année", il a évoqué la nécessité d'accélérer la transformation digitale, d'adapter le format des hypers français aux nouveaux comportements des consommateurs et au e-commerce, de simplifier l'organisation ou d'accroître les synergies. Ces dernières semaines le titre Carrefour a souffert, tout comme ses pairs, de l'offensive d'Amazon dans la distribution alimentaire avec le rachat de Whole Foods, assorti de baisses de prix.