Interview de Hervé Giaoui : PDG de Cafom

Hervé Giaoui

PDG de Cafom

Si nous décidons de réaliser des acquisitions, ce sera dans l’e-commerce.

Publié le 24 Janvier 2008

Vous venez de publier les résultats du premier semestre 2007-2008, faisant état d’une croissance de votre chiffre d’affaires de 4,2%, à 106,6 M€, contre 102,3M€ un an plus tôt. Quel commentaire vous inspirent-ils ?
Nous sommes assez satisfaits de ces chiffres parce que, bien que nous ayons  consacré beaucoup de temps à nos négociations avec la DGCCRF pour obtenir l’autorisation d’achat, nous avons également réussi à nous concentrer sur l’activité courante.

En résumé, nous constatons aujourd’hui que notre activité Internet se porte très bien et est bien le moteur de la croissance annoncée. C’est également un formidable potentiel de création de valeur pour notre groupe. En distribution traditionnelle, nous commençons à voir les effets positifs de notre rapprochement avec le réseau Fincar avec un effet de levier de croissance et rentabilit important

Comment s’est passé l’intégration du réseau Fincar ?
Nous pouvons dire que c’est dès aujourd’hui une grande réussite. Le calendrier d’intégration a été globalement respecté bien qu’un rapprochement de cette taille ne soit jamais facile.
 
Les synergies que nous attendions sont en train de se mettre en place avec notamment pour l’ensemble du réseau Fincar le bénéfice de l’adossement à un groupe leader plus structuré

Cette opération a également été très bien perçue par les équipes en place aussi bien au niveau management qu’opérationnel. Nous constatons ainsi une grande motivation des équipes du réseau Fincar qui ont aujourd’hui les moyens de se développer dans d’excellentes conditions. Nous allons en récolter rapidement les fruits.

L’intégration de Fincar nous a également apporté beaucoup au niveau du réseau Cafom car nous avons mis a profit cette période pour optimiser les différents process de notre groupe.

Les valeurs humaine semblent importantes pour vous…
Fincar disposait d’équipes dans tous nos domaines d’activité : des équipes administratives, commerciales, aux achats, aux SAV… Or nous nous sommes aperçus que dans chaque service, il y avait des valeurs humaines, des personnalités qui se détachaient, et qui vont jouer très certainement un rôle très important dans notre structure globale. Nous sommes très satisfaits de la qualité des équipes Fincar et ceci constitue l’une des grosses satisfactions de cette opération.

Vous n’avez donc pas eu à procéder à une réorganisation importante du management ?
Non, nous avions prévu et planifiée la réorganisation du management. Cette dernière s’est d’ailleurs avérée très intéressante dans la mesure où nous avons pu liberer opérationnellement un des dirigeants du groupe Cafom qui a rejoint le siège à Paris, ce qui me permet de me focaliser beaucoup plus sur notre développement.

En outre, ce dirigeant a une grande expérience du terrain puisqu’il a dirigé le premier BUT de France pendant plus de 20 ans, il connaît par conséquent parfaitement la problématique du terrain et va pouvoir amener de la valeur ajoutée à la centrale en comblant les lacunes de celle-ci par rapport aux magasins.

Avez-vous une idée du pourcentage que représente l’activité apportée par Fincar dans votre chiffre d’affaires sur le premier trimestre ?
L’activité est à peu près représentée par 57% de notre activité «ex-Cafom». Sur l’activité traditionnelle on est à peu près à 35%.

Vous avez revu à la hausse vos objectifs sur le pôle e-commerce. Vous avez par ailleurs indiqué que le développement de Cafom en Europe se ferait par le biais de l’activité Internet. Pouvez-vous nous fournir quelques détails…
Le développement du groupe Cafom va se poursuivre par Internet sur l’Europe. Nous avons achevé le recrutement, débuté il y a quelques mois, de notre patron pour l’Espagne qui est donc effectif aujourd’hui. Ce dernier est présent chez nous depuis le début du mois de janvier. Nous espérons démarrer les ventes au second trimestre 2008 en Espagne. En France, vente-unique.com est un véritable succès puisque en très peu de temps, nous avons pu prendre une place de premier plan sans jamais perdre d’argent. Le site continue de croître rapidement et régulièrement. Nous avons également lancé diamant-unique.com avec l’ambition de dupliquer ce succès dans l’univers du bijou depuis novembre.

Visez-vous certains objectifs en termes de chiffres d’affaires dans ce secteur-là ?
Il est difficile de quantifier très exactement sur ce chiffre car le potentiel de développement est très important. Rien qu’en France, le marché du meuble est estimée à 9 milliards d’euros et selon les différentes projections du marché environ 10% de ce marché sera réalisée à 4 ans. Notre ambition est de clairement devenir le leader incontesté dans ce domaine avec une part de marché significative. Plus globalement, sur l’ensemble de notre pôle internet, nous avons l’ambition de rapidement atteindre et dépasser les 100 M€ de chiffre d’affaires.

Envisagez-vous de nouvelles acquisitions ? Dans quel secteur d’activité ? De quelle marge financière disposez-vous pour de telles opérations ?
Si nous décidons de réaliser des acquisitions, ce sera dans l’e-commerce. Nous détenons une très bonne marge financière, avec une capacité d’endettement intacte. Nous avons payé Fincar par échange de titres, nous ne nous sommes donc pas endettés pour l’acheter.

Envisagez-vous d’étendre votre présence à l’international, et quelles zones géographiques souhaiteriez-vous privilégier dans ce cas ?
L’e-commerce concerne toute l’Europe occidentale, l’Europe de l’Ouest, tandis qu’en matière de commerce traditionnelle, nos pays cible sont l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Nous avons a ce titre développé une joint-venture avec un partenaire au Moyen Orient et les premiers magasins seront opérationnels au second semestre 2008.

Quels sont vos perspectives pour le semestre prochain ?
L’activité du troisième trimestre a été bonne., nous communiquerons le chiffre d’affaires le 15 février. Nous sommes confiants sur nos perspectives pour l’ensemble de l’exercice avec un objectif de chiffre d’affaires de 220 M€ et une forte augmentation de notre résultat opérationnel au second semestre.

L’évolution de votre titre vous satisfait-elle ?
J’ai le sentiment que la bourse a dérapé dans tous les sens. La baisse de notre titre ne nous gêne pas trop, dans la mesure où nous ne sommes pas vendeurs et que nous nous inscrivons dans la durée. C’est donc anecdotique.

Ceci étant, la baisse sur le titre Cafom est très exagérée, sans autre justification que la baisse généralisée des marchés., Il y a toujours  des excès à la hausse comme à la baisse. C’est le marché, mais nous sommes de notre côté tout à fait serein et persuadés que notre cours retrouvera rapidement des niveaux plus en rapport avec nos fondamentaux économiques et aussi plus en rapport avec le succès de notre pôle internet.

Le mot de la fin pour vos actionnaires.
Je pense vraiment que l’avenir est devant nous, les projets sont très importants et sont en place. Ce que nous avons promis il y a deux ans sur l’Internet, nous l’avons livré. Aussi je dirais que l’année prochaine, je livrerai ce que je n’ai pas encore promis.

Propos recueillis par Nicolas Sandanassamy