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Interview de Julian Waldron : Directeur général adjoint et directeur financier du groupe Thomson

Julian Waldron

Directeur général adjoint et directeur financier du groupe Thomson

La baisse de notation de la part de Moody's et de S&P ne devrait pas avoir d’impact significatif sur la charge nette d’intérêt du Groupe

Publié le 20 Mars 2008

Suite à la publication des résultats annuels du Groupe le 14 février dernier, la note d’émetteur long terme Thomson a été abaissée de Baa3 à Ba1 par Moody's, et de BBB- à BB  par S&P.  Quel regard portez-vous sur ce changement de notation ?
Les deux agences avaient placé le groupe sous surveillance après la publication, en février, de nos résultats annuels qui étaient inférieurs aux attentes. Nous nous attendions donc à ce changement de notation, qui est prudent. Les deux agences confirment plusieurs éléments positifs sur le Groupe - la solidité des ses positions dans ses marchés et sa forte liquidité par exemple.

Quelles seront les conséquences de cette baisse sur les perspectives du groupe pour cette année ?
La baisse de notation ne devrait pas avoir d’impact significatif sur la charge nette d’intérêt du Groupe, ni sur sa capacité de financement. Aucun élément de coût de la dette actuelle n’est lié à ces changements de notation. Par ailleurs, les charges d’intérêt du Groupe devraient baisser en 2008, en raison d’une baisse des taux d’intérêts en dollars (USD Libor rates). Compte-tenu des incertitudes sur les marchés de crédit qui ont prévalu à la fin de l’année dernière, Thomson a pris des mesures en 2007 et début 2008 afin de lever de la dette long-terme additionnelle, pour un montant total de €220 millions.
Cette dette long-terme, ajoutée à la ligne de crédit du Groupe de 1,75 milliard, devrait apporter des liquidités tout à fait suffisantes pour procéder aux remboursements de la dette court et long terme, prévus en 2008 et 2009.

La dégradation de la conjoncture économique et la crise financière que nous traversons sont elles susceptibles d’affecter de nouveau la notation du groupe ?
L’ensemble des équipes du Groupe est focalisé sur la performance opérationnelle. Le groupe a achevé sa transformation avec la sortie en novembre des dernières activités qui étaient encore liées à l’électronique grand public. Structurellement le Groupe est donc dans une meilleure configuration qu'auparavant. Mais la conjoncture économique apparait incertaine pour 2008. Nous avons dit clairement en février, lors de la publication de nos résultats annuels que nous restons prudents, et qu’au moins les premiers mois de l’année 2008 seraient difficiles. On peut imaginer donc que les agences ont bien intégré ces éléments dans leurs analyses.

Serait-il possible que vous procédiez à une augmentation de capital ou à une remise en cause des dividendes prévues pour 2007 afin de tenter de remédier à la situation ? 
Thomson a déjà confirmé qu’il n’a pas de projet d’augmentation de capital contrairement aux rumeurs, Et comme annoncé lors des résultats annuels le 14 février, sur proposition du Conseil d’administration, le groupe procédera début juillet à la distribution de 0,33 euro/action,  après l’approbation par l’Assemblée Générale du 22 mai 2008.

La décote du titre depuis le début de l’année s’établit à 58%. Parmi les raisons de cette baisse, résident des résultats inférieurs à ceux escomptés et la non intégration du titre dans l'indice DJ Euro Stoxx Select Dividend 30 pour la zone euro. De quelle manière appréhendez-vous la réaction du marché ?
Il faut remettre en perspective cette baisse dans le contexte économique et boursier actuel: l’ensemble des valeurs technologie ont été chahutées depuis plusieurs mois, en Europe comme aux Etats-Unis. Le CAC 40 lui-même a beaucoup souffert depuis le début de l’année.  Parmi nos concurrents mondiaux, plusieurs d’entre eux ont perdu la moitié, voire davantage, de leur capitalisation boursière au cours de l’année dernière. Mais, à ce contexte général, s’ajoutent des éléments spécifiques à Thomson comme nos résultats annuels, inférieurs à nos attentes. Le marché attend mieux de nous.

Comment envisagez-vous l’évolution du titre pour les mois à venir ?
Les marchés financiers sont extrêmement volatiles et nous nous attendons à  que cela impacte le titre dans les mois à venir, comme récemment. Néanmoins, au début de cette année, le groupe présente de bonnes liquidités, et a commencé à réduire sa dette. Il y a des clients solides dans des marchés porteurs sur le long-terme, et des positions de leadership à l'échelle mondiale sur tous ses métiers. Il faut que nous rendions ces éléments plus visibles, auprès de nos investisseurs, pour que le cours de l'action commence à refléter davantage ces atouts. C'est pourquoi l'ensemble du management et des salariés du Groupe sont focalisés sur une meilleure exploitation de nos positions, et sur l'amélioration de notre performance opérationnelle.

Propos recueillis par Imen Hazgui

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