Interview de Olivier de la Clergerie : directeur général de LDLC.com

Olivier de la Clergerie

directeur général de LDLC.com

Cette année marque un retour à la profitabilité

Publié le 19 Juin 2008

Alors que le chiffre d'affaires stagne, le second semestre confirme le retour à la profitabilité de LDLC sur l'exercice 2007/2008. Quels en ont été les moteurs ?
C'est effectivement un retour à la profitabilité cette année, c'est même un net rebond puisqu'à un niveau de chiffre d'affaires constant, le résultat opérationnel bondit de plus de 4 millions d'euros.

Cela s'explique d'abord par l'appréciation significative de la marge brute de l'entreprise (+2 points). Il y a une réelle volonté d'avoir une assise financière saine, nous ne voulons pas courir après du chiffre d'affaires en sacrifiant la marge.

Le second axe profitable a été la maîtrise complète de l'intégralité des outils de l'entreprise qui ont permis d'affiner le mode de fonctionnement, d'économiser dans certains endroits comme nous l'avions annoncé l'année dernière. 

Nous avons travaillé un certain nombre de points et c'est l'ensemble de ces points revisités qui ont permis à l'entreprise d'abaisser son point mort et d'améliorer sa rentabilité.

Le second semestre et notamment le quatrième trimestre se sont révélés particulièrement difficiles...
Comme pour l'ensemble des acteurs du marché, le quatrième trimestre a été un peu plus difficile que le restant de l'année, peut-être un peu plus pour nous que pour les autres parce que nous sommes spécialisés dans l'informatique.

Au quatrième trimestre de l'exercice précédent, nous avions bénéficié du lancement de Vista qui avait généré une activité supplémentaire conséquente. L'année dernière, notre T4 avait été supérieur à notre T3 en terme d'activité.

Cette année nous n'avons pas retrouvé cet effet de base, en outre l'activité a souffert de la faiblesse du dollar. Le quatrième trimestre, cette année, ressort en décroissance par rapport à l'année précédente.

Combien a pesé le dollar sur l'ensemble de l'année ?
Nous pensons qu'il a pesé au moins une dizaine de pour cent. Ce n'est qu'une approximation étant donné que c'est très difficile à calculer du fait des élasticités.

On parle beaucoup d'un pouvoir d'achat en berne chez les Français. Comment l'avez-vous ressenti ?
C'est assez particulier parce que la baisse de la consommation nous l'avons ressentie surtout sur le quatrième trimestre alors que l'activité est en croissance sur le début de l'exercice 2008/09.

Il est difficile de dire aujourd'hui quel impact auront les problématiques de consommation sur l'ensemble de l'exercice.  

Avez-vous des perspectives 2008/09 à communiquer ?
Nous attendons un exercice en croissance mais nous ne communiquons pas de perspectives.

Pour les raisons que je viens de citer, en plus d'un environnement chahuté, il est difficile de donner des guidances de chiffre d'affaires. Notre vision s'affinera à mesure que nous avancerons dans l'exercice.

Que pensez-vous de la loi Chatel ?
Dans la manière, elle nous chagrine. Le législateur se sent obligé de légiférer pour faire quelque chose de bien avec les e-commerçants alors que je pense que le marché doit arriver à s'autogérer lui-même.

Pourtant, nous avons des taux de satisfaction assez éloquents qui montrent que les e-commerçants ne sont pas tous des mauvais élèves. Il ne faut pas généraliser.

Cela dit, la loi Chatel ne nous dérange pas outre mesure. Nous l'avons notamment devancée pour la mise en place de lignes téléphoniques non surtaxées.

Propos recueillis par Marjorie Encelot