Interview de Philippe Benacin : PDG d'Inter Parfums

Philippe Benacin

PDG d'Inter Parfums

Nous n'avons jamais eu autant de négociations avec les marques de luxe que depuis un an (Inter Parfums)

Publié le 09 Septembre 2009

Un mot sur vos résultats du premier semestre…
Nous sommes satisfaits de notre bénéfice net, en hausse de 3% à 11,5 millions d’euros. Cette croissance est due à une bonne couverture de change sur le dollar ainsi qu’à un taux d’imposition légèrement inférieur à celui de 2008. Le point négatif réside dans la baisse de nos ventes (-5% à 121 millions d’euros), en particulier aux Etats-Unis où nous avons sous-performé le marché. Ce recul est toutefois en partie compensé par le marché français où nos marques les plus fortes, Burberry, Van Cleef & Arpels, et Lanvin ont affiché une belle croissance sur le semestre. (lire aussi: Inter Parfums: les ventes baissent, le bénéfice résiste).

Comment se comporte le secteur de la parfumerie depuis le début de la crise ?
Le marché des parfums et des cosmétiques est perturbé par la crise. On assiste à une chute de la consommation mondiale, et à des opérations de déstockage de la part des distributeurs (Séphora, Marionnaud, etc). La parfumerie étant un métier de vente en gros, nous sommes dépendants de nos distributeurs. Or, la plupart d’entre eux ont essayé de réduire leurs stocks de parfums d’au moins un mois au premier semestre.
Par ailleurs, les ventes en duty free dans les aéroports ont souffert de la baisse du trafic de passagers. Dans ce domaine, le premier trimestre a vu des ventes en chute libre, tandis que le deuxième trimestre s’est avéré nettement meilleur.
Il reste cependant des marchés en croissance. Je pense notamment au Moyen-Orient, à la Chine, ou encore à la France. D’autres sont en train de s’ouvrir, comme la Mongolie, le Cambodge et le Vietnam. Tout compte fait, ça ne se passe pas si mal.

Vous vous apprêtez à lancer deux nouveaux parfums cette année et cinq autres l’année prochaine. Cela traduit-il une stratégie commerciale plus agressive pour redresser les ventes ? 
Nous n’avons rien changé à notre programme de lancements. Il faut en moyenne 18 mois pour créer un parfum, et 18 mois supplémentaires pour le commercialiser. Les mises sur le marché qui auront lieu en 2010 sont donc programmées depuis longtemps. Du reste, il n’est pas possible de lancer plus d’un produit par marque et par an.

Lors de la présentation de vos résultats du premier semestre, vous avez évoqué des opportunités de croissance externe. Pouvez-vous nous en dire davantage ?
De nombreuses maisons de luxe se questionnent aujourd’hui sur leur positionnement dans la parfumerie. Certaines veulent entrer dans le secteur afin de diversifier leurs activités, d’autres ont déjà des licences [avec des parfumeurs] mais voudraient en changer. Il y a là pour notre groupe des opportunités : nous n’avons jamais eu autant de négociations avec les grandes marques de luxe que depuis un an. Certaines de ces négociations devraient aboutir très prochainement. 
Ce que je peux vous dire, c’est que nous souhaitons avoir plus de licences haut de gamme comme Burberry, Van Cleef & Arpels et Lanvin dans notre portefeuille.

Propos recueillis par François Schott