Interview de Grégory Mager : directeur général de Parfum d’Image

Grégory Mager

directeur général de Parfum d’Image

Pour atteindre un CA de 100M€ d’ici à cinq ans, cela passe par des acquisitions

Publié le 06 Septembre 2006

Petit retour en arrière. Au titre des résultats semestriels 2005-2006, le résultat d'exploitation de Parfum d'Image s’élevait à 537K euros, à comparer à une perte d'exploitation de 250K euros au premier semestre (octobre à mars) de l'exercice précédent. C'est la première fois dans l'histoire du groupe que le premier semestre est bénéficiaire. Comment expliquez-vous cette performance ?
Ce n’est pas vraiment une performance. Avant la cotation de notre titre sur Alternext, nous n’étions pas obligés de publier des résultats semestriels. Ce qui comptait pour nous, c’étaient les résultats annuels. Nous avions alors un objectif de résultat net à 10% du chiffre d’affaires. Et puis, il faut savoir que notre activité est une activité saisonnière et que nous réalisons les deux tiers de notre chiffre d’affaires au cours du second semestre.

Depuis notre introduction, nous sommes tenus de publier des résultats semestriels, et lors de cette première publication en juin, nous avons comparé les premiers semestre 2005-2006 et 2004-2005. Entre ces deux périodes, les charges ont été quasiment les mêmes alors que notre chiffre d’affaires pour le premier semestre 2005-2006 avait augmenté.

Pour l’exercice 2005-2006, notre objectif initial était un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros. En mai, nous avons annoncé un nouvel objectif ambitieux de 20 millions.

Justement, à quelques semaines de la clôture de l’exercice, maintenez-vous une prévision de 20 millions de chiffre d’affaires ?
Absolument. Cela fait trois mois que notre carnet de commande pour cet exercice est clos. Maintenant, nous sommes passés à autre chose.

Anticipez-vous toujours un résultat d'exploitation de 3,95 millions d’euros, soit près de 4 fois le REX de l'exercice précédent ?
C’est ça, oui.

Depuis l’introduction de votre titre sur Alternext en janvier, celui-ci a pris plus de 85%. Votre sentiment à cet égard ?
Vous savez, nous ne regardons pas tous les jours l’évolution du cours de notre action. La valeur du titre, dans l’immédiat, ne nous sert à rien. Ce que je veux dire par là, c’est que ce n’est pas notre vie au quotidien. Nous sommes assez décontractés pour ça.

Nous sommes des entrepreneurs, nous n’avons pas de vision courtermiste. Ce qui compte c’est de progresser. Alternext est un marché d’apprentissage.

Nous avons été introduits en Bourse sur un multiple un peu bas. Nous avons été prudents sur la valorisation et le marché nous a fait confiance. Si nous comparons Parfum d’Image avec des entreprises sur Alternext de même taille, notre société est normalement valorisée. Par contre, nous sommes moins bien valorisés que des entreprises de nouvelles technologies.

Il y a eu un excès de fièvre en juillet sur notre titre. Nous n’avons pas compris. On m’appelait alors tous les jours pour en savoir plus. Vous savez, nous ne maîtrisons pas notre cours. Maintenant, nous sommes revenus à des niveaux que je qualifierais de normaux.

Vous avez déclaré il y peu vouloir que votre filiale Lys Cosmétiques, acquise récemment, devienne la première société de fabrication de parfums et de cosmétiques en produits promotionnels ». Comment comptez-vous vous y prendre ?
Avec Lys Cosmétiques, nous avons acquis un très beau savoir faire de fabrication, de marketing et un outsourcing en Chine. En fait, nous développons les méthodes qui nous ont été profitables avec Parfum d’Image. Nous avons recruté des commerciaux et nous proposons une vaste gamme de produits, qui va des bougies aux coffrets de maquillage.

La fabrication de parfums et de cosmétiques en produits promotionnels est une niche de marché. Nous nous devons de la développer, nous nous devons d’être leader.

Comment se profile votre carnet de commande pour les mois à venir ?
Comme d’habitude. Nous attaquons l’année avec un carnet de commandes qui représente la moitié de nos objectifs pour l’exercice. Mais, nous n’avons pas encore communiqué sur nos objectifs 2006-2007. Nous devrions le faire lors de l’annonce de nos résultats annuels en décembre.

Et puis, ce qui compte pour nous n’est pas tant l’aspect quantitatif des commandes que l’aspect qualitatif. Nous préférons garnir notre carnet avec des contrats de plus en plus gros et récurrents. Nous ciblons des clients qui peuvent toucher un volume important de personnes.

Après la signature d’un contrat d’exclusivité avec Peugeot-Citroën, êtes-vous en pourparlers avec d’autres clients dans le secteur automobile ?
Nous fournissons déjà Valeo qui est un équipementier et non pas un constructeur. Un véhicule met deux ou trois ans à sortir, alors même si nous sommes en discussions actuellement, vous n’en verrez rien avant deux ans. Mais, il est clair que nous sommes à la conquête d’autres comptes.

Comptez-vous procéder à de nouvelles acquisitions dans les mois à venir ?
Tout à fait. Dès que l’on peut. Nous sommes en ordre de bataille et nous sommes maintenant outillés pour le faire. Il ne reste plus qu’à identifier et à convaincre les cibles. Nous connaissons bien notre marché en Europe et notre objectif est de faire une acquisition d’ici à décembre 2007.

Un marché nous intéresse tout particulièrement, celui des produits d’accueil pour les hôtels. Mais, nous avons plusieurs pistes en cours.

Pour atteindre un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros d’ici à cinq ans, nous sommes obligés de faire des acquisitions. Nous ne visons pas des entreprises trop petites, nous recherchons des sociétés avec un chiffre d’affaires de 10 à 20 millions d’euros, pas en deçà.

Après la Chine, l’Angleterre et la Malaisie, pensez-vous à vous introduire dans d’autres pays ?
Nous avons ouverts fin juillet une filiale aux Etats-Unis. Je parts personnellement m’en occuper en octobre. Pour commencer, nous serons cinq dans nos bureaux de New York. Notre objectif est d’atteindre la même taille qu’en Europe d’ici à trois ou quatre ans. Le marché américain est un marché demandeur, qui a du répondant.

Un dernier mot pour vos actionnaires ?
Nous savons que nos actionnaires sont nombreux. 8 000 souscripteurs pour notre entrée en Bourse, ça a été une grosse surprise car notre marché n’est pas connu. Nous espérons qu’ils partagent notre vision de long terme, qu’ils sont patients et persévérants. Ce marché, nous l’avons quasiment inventé et nous savons qu’il a un gros potentiel.

laetitia