Interview de Jérôme Marsac : PDG de Cybergun

Jérôme Marsac

PDG de Cybergun

Cybergun est dans un business totalement étanche aux crises

Publié le 09 Juin 2011

Vos résultats pour l'exercice 2010 font état d'un chiffre d'affaires et d'un résultat net part du groupe en forte croissance, pourriez-vous revenir sur les principaux moteurs de croissance ?
Pour Cybergun, la croissance ne se dément pas. Nous avons en effet une croissance historique supérieure à 20% par an depuis plus de 10 ans, essentiellement tirée par l'international (84% du CA). Cette croissance s'est accélérée en termes de volume d'affaires sur les deniers trimestres puisque nous ne sommes pas loin des 30% de croissance organique (40% de croissance consolidée).
Compte tenu des acquisitions récentes, les ventes du groupe ont doublé en 2 ans et s’établissent désormais à 82,9 millions d’euros en proforma. Quant au résultat opérationnel, toujours en proforma, il ressort à 10,3 millions d’euros. Le résultat net par action passe donc de 1,05 euro en 2009 à 1,32 euro par action, or l'accélération n'en reste pas là puisqu'en proforma, il atteint 1,51 euro par action, soit un quasi quadruplement du résultat net par action en 3 ans. Nous pouvons donc considérer que Cybergun est dans un business totalement étanche aux crises.

L'intégration de vos dernières acquisitions s'est-elle bien déroulée ?
Nous sommes sur un business model qui conjugue croissance organique forte (notre cœur de métier a encore progressé en rentabilité et en volume d'affaires, à hauteur de 30% en 2010) et acquisitions. La croissance externe complète notre offre en apportant des lignes de produits différents et des segments de business différents.

Pour exemple, notre dernière acquisition, I2G-Microprose, vient conforter notre groupe dans sa volonté d'investir le segment des loisirs pour adolescents dans les jeux vidéo, et notamment "de guerre". Nous allons sortir à la fin de l'année Blackwater, du nom du groupe de mercenaires américains travaillant pour le gouvernement dans des zones difficiles comme en Irak... L'avantage pour nos consommateurs, c'est que nous sommes en mesure de proposer des produits dérivés, donc des répliques des modèles utilisés sur le terrain réel. Il y a un cross-marketing très fort entre les produits réels (airsoft gun, pistolets à eau ou de paintball) et le monde numérique.

De façon globale, la répartition prévisionnelle des résultats d'exploitation de l'entreprise, pour 2012, nous permet de penser que nous aurons plusieurs métiers contributifs à raison d'un tiers du résultat d'exploitation en provenance des jeux vidéo, un tiers dans le métier historique du groupe dans les airsoft guns, et un tiers sur les produits récemment lancés (accessoires, jouets, air guns etc.). Nous voulons ainsi assoir l'avenir de la société sur des univers diversifiés et rassurants pour les investisseurs...

Quel est l'intérêt du rachat de Swiss Arms ?
Jusqu'à présent, nous étions partenaires de Swiss Arms sous forme de licences de marque, or en rachetant la marque et le logo, nous en détenons désormais tous les droits de propriété intellectuelle. Cela nous permet d'avoir une très grande visibilité, puisque nous sommes moins dépendants des contrats de licence, et de changer le mix entre les produits sous licence et en marque propre. En effet, le volume d'affaires réalisé avec les marques dont nous sommes propriétaires dépasse désormais les 50% du volume d'affaires global.

Envisagez-vous de faire encore de la croissance externe cette année ? Un renforcement à l'international est-il possible ?
Nous avons effectivement plusieurs dossiers à l'étude actuellement. Nous allons d'ailleurs présenter un projet d'augmentation de capital de l’ordre de 2,5 millions d'euros, afin de renforcer nos fonds propres et de nous permettre d'avoir les moyens de notre développement. Cette opération se fera avec maintien du DPS et une faible décote, sans doute de l'ordre de 5%, pour ne pas pénaliser les actionnaires qui ne souhaiteraient pas participer.

Nous sommes déjà un acteur global, avec un pool de managers répartis sur les trois continents (Asie, Europe et USA). Dans ce contexte, nous pourrions réaliser des acquisitions dans toutes les parties du monde, sans restriction...

Quelles sont vos perspectives sur l'année en cours ?
Nous visons un dépassement du chiffre d'affaires de 100 millions d'euros. L'objectif financier étant de maintenir une marge opérationnelle courante de plus de 10% et un ratio dette sur actif autour de 50%, comme c'est le cas depuis de nombreuses années.

Propos recueillis par NS