Interview de Jean-François Boucher : PDG de Mr.Bricolage

Jean-François Boucher

PDG de Mr.Bricolage

La bourse reste un enjeu important pour nous

Publié le 05 Septembre 2011

Etes-vous satisfait de la performance du groupe Mr.Bricolage au premier semestre ?
Les résultats du groupe Mr. Bricolage au premier semestre sont parfaitement en ligne avec nos objectifs. Nous avons augmenté notre résultat opérationnel de 2,1% à 18,6 millions d’euros tout en accélérant le développement de notre réseau, avec 24 ouvertures de magasins dont 5 à l’international (4 en Belgique et 1 au Maroc). Nous confortons ainsi notre place de leader sur le marché du bricolage de proximité en France. Notre stratégie consiste à renforcer encore cette proximité via de nouveaux concepts comme l’Entrepôt du Bricolage (ndlr : une enseigne de magasins à prix discount développée en partenariat avec le groupe Samse/La Boîte à outils), notre marque distributeur « .B » ainsi que des services de pose à domicile et de location de matériel.

Les ventes de vos magasins intégrés (88 magasins sur 465) sont en légère baisse sur ce semestre. Comment l’expliquez-vous ?

Les ventes ont effectivement légèrement reculé dans nos magasins intégrés (-0,4%) car nous avons privilégié l’amélioration de la marge. Très concrètement, nous n’avons pas renouvelé les opérations « coup de poing » effectuées certains jours de l’année 2010, qui avaient dopé les ventes de nos magasins mais ne dégageaient pas de bénéfices. Nous les avons remplacées par des périodes de soldes. Cela nous a permis de réduire la perte opérationnelle de nos 88 magasins intégrés à 4,5 millions d’euros contre 5,1 millions au premier semestre 2010 , avec l’objectif d’atteindre à terme la rentabilité sur cette activité.

Attendez-vous une baisse de vos ventes au second semestre, liée à la dégradation de la conjoncture ?
Nous n’avons pas noté de changement dans le comportement de nos clients jusqu’à présent, ni de baisse du chiffre d’affaires. Mais il certain que la période est compliquée. Le krach boursier aura certainement un impact sur la consommation, c’est pourquoi nous restons prudents dans nos objectifs pour cette année. Nous visons toujours une hausse de notre résultat opérationnel en ligne avec celle du chiffre d’affaires tout en poursuivant notre politique de désendettement. Notre dette financière nette, qui est passée de 197 millions à 176,9 millions entre fin juin 2010 et fin juin 2011, doit être ramenée à 160 millions à la fin de l’année.

Votre capitalisation boursière représente aujourd'hui la moitié de vos capitaux propres (230 millions d’euros). Comment expliquez-vous cette sous-valorisation de l’entreprise ?

Vous avez raison, nous sommes complètement décotés ! Ce qui nous rassure, c’est que nous ne sommes pas les seuls. La bourse reste un enjeu important pour nous. Nous espérons que l’écart entre la valeur de nos actifs et notre cours de bourses va se réduire au fur et à mesure de la normalisation de la situation sur les marchés.

Propos recueillis par François Schott