Dans la lutte intestine qui les oppose depuis plusieurs mois, les acteurs de la filière nucléaire française se rendent coup pour coup.

On apprend ce vendredi que François Roussely, l’ancien patron d’EDF auteur d’un rapport controversé sur l’avenir du nucléaire, va saisir le procureur de la République pour « dénonciation calomnieuse » suite à la plainte déposée par Framépargne, le fonds commun de placement d’entreprise (FCPE) de la société Areva.

Framépargne a annoncé hier le dépôt d’une plainte contre X pour « prise illégale d’intérêt » dans le cadre de la recapitalisation d’Areva. Dans son argumentaire, il se concentre sur la personne de François Roussely qui, outre son poste de président d’honneur d’EDF, est également vice-président de Credit Suisse, la banque qui a conseillé Areva lors de la cession de sa branche T&D en décembre 2009. M. Roussely a ensuite été mandaté par l’Elysée pour établir un rapport sur l’avenir de la filière française du nucléaire civil, dans lequel il suggère de faire d’EDF le chef de file du secteur avec une participation renforcée dans Areva. Pour Me Jean-Marc Fedida, avocat de Framépargne, «il y a conflit d'intérêts».

Le fonds souhaite notamment «comprendre l’enchaînement des différents évènements ayant conduit, en décembre 2010 et après de nombreuses tergiversations, à une augmentation de capital de 900 millions d'euros au lieu des 3 milliards prévus initialement. […]». L’opération aurait entraîné une baisse de la valorisation de l’entreprise, préjudiciable à ses actionnaires.

Pour l’avocat de François Roussely, Me Jean-Alain Michel, cette plainte ne repose sur aucun fondement sérieux, ce qu’il s’attachera à démontrer dans sa propre plainte.