Pour Michael Economides, un expert des questions énergétiques et professeur à l’université de Houston, la prédiction de l’ l’Agence internationale de l’énergie n’a carrément pas lieu d’être en ce qu’elle ignore les réalités économiques du marché.

Si les Etats-Unis venaient à augmenter leur production de manière conséquente, le prix du pétrole à l’international viendrait à fortement baisser, et les importations deviendraient plus attractives.
Pour concurrencer les Etats l’OPEP n’aurait d’autre choix que d’augmenter davantage ses quotas.

L’affaiblissement du prix du baril conduira à une mise à mal de la profitabilité des acteurs évoluant dans le pétrole de schiste. Il ne sera plus aussi évident de poursuivre la production intensive dans ce domaine.

Loren Steffy, un chroniqueur pour le journal Houston Chronicle (Texas) met en avant l’absurdité de cette prédiction ajoutant par ailleurs que penser un tant soit peu que les Etats-Unis pourraient pour contourner l’obstacle de l’OPEP décider d’en faire partie serait délirant.

D’une part, explique, Loren Steffy, aux Etats-Unis, le retour sur investissement est pour les sociétés pétrolières privées et leurs actionnaires tandis que pour les pays de l’OPEP, le retour sur investissement est destiné à des entreprises pétrolières publiques et in fine aux gouvernements.
Par ailleurs, les pays de l’OPEP s’efforcent d’influencer l’évolution des prix en agissant sur les niveaux de production. Il parait inconcevable, en cela, que les Etats-Unis qui pratiquent la liberté de marché dans toute sa splendeur soient enclins à agir de même.

Une prédiction dangereuse


Au-delà d’être farfelue, la prédiction de l’AIE parait pour le secrétaire générale de l’OPEP, Abdalla Salem el-Badri, dangereuse. « Si les estimations de l’AIE en ce qui concerne la production des Etats-Unis ne sont pas atteintes, cela pourrait conduire à de possibles pénuries de pétrole et à des prix plus élevés dans la mesure où certains producteurs pourraient décider de réduire leur investissements à partir de ces évaluations.
Les 12 pays de l’OPEP produisent à ce jour plus du tiers du pétrole consommé chaque jour dans le monde.

Abdalla Salem el-Badri a ajouté ne pas être hostile à l’égard de la production des Etats-Unis. « Nous n’avons rien contre les producteurs de pétrole de schiste. C’est une grande découverte et ouvre la voie pour d’autres formes d’énergie ».