Le développement du pétrole de schiste et dans une moindre mesure du pétrole issu des sables bitumineux, en particulier en Amérique du Nord, ont conduit certains observateurs à remettre en doute, pour l’avenir, la position influente de l’OPEP dans le marché de l’or noir.
L’Agence internationale de l’énergie a signalé le mois dernier la survenance d’un véritable choc au niveau de l’offre. Les Etats-Unis pourraient même devenir le plus grand producteur de pétrole dans le monde d’ici 2017.

Le secrétaire général de l’OPEP, Abdullah El-Badri, a tenu à relativiser cette hypothèse. «Les membres de l’OPEP produisent 35% du pétrole mondial. Je ne pense pas que nous fassions face à une grande menace »... «Nous sommes plus devant une évolution qu’une révolution. Le pétrole de schiste est un nouvel arrivant, un complément apporté aux mixe énergétique existant, et nous l’accueillons favorablement ».

M El-Badri a souligné l’important coût de production du pétrole de schiste et du pétrole de sable bitumineux, ainsi que les impacts négatifs pour l’environnement des méthodes controversées d’extraction comme la fracturation hydraulique.
« Les responsables politiques vont vouloir connaitre l’ampleur de la production, sa durée, sa soutenabilité, ses répercussions effectives sur l’environnement ». A l’ensemble de ces interrogations, les réponses sont incertaines et divergentes a fait remarquer le secrétaire général.

L’OPEP a décidé de créer un comité spécial pour tenter d’apporter des éléments d’information concrets et crédibles à ces questions.

Au-delà de l’essor de ce pétrole de nouvelle génération aux Etats-Unis, pour certains commentateurs la préoccupation première de l’OPEP est surtout liée à l’essoufflement de la demande en Europe et dans une moindre mesure dans les grands pays émergents comme la Chine. L’affaiblissement de la consommation provenant de ces régions du monde consécutivement au fort ralentissement économique peut se révéler d’autant plus prononcé que l’exploitation du pétrole de schiste y est également à l’étude, met en garde Diezani Alison-Madueke, ministre du pétrole du Nigéria.

Dans ce contexte, le seuil de production de l’OPEP 30 millions de barils par jour a été maintenu.

La prochaine réunion de l’OPEP a été programmée pour le 4 décembre.

Une production pétrolière record en Arabie Saoudite

En attendant, l’Arabie Saoudite continue à être le premier producteur mondial de pétrole dans le monde. Selon l’entreprise pétrolière saoudienne, Aramco, 3,479 milliards de barils ont été produits en 2012, contre 3,310 milliards de barils en 2011. C’est un plus haut historique.
Les exportations auraient atteint 2,521 milliards de barils, contre 2,421 milliards de barils en 2011.